Disparition

Décès du poète et figure révolutionnaire nicaraguayen Ernesto Cardenal

Ernesto Cardenal en 2014 - Photo RS-FOTO - CC BY-SA 4.0

Décès du poète et figure révolutionnaire nicaraguayen Ernesto Cardenal

L’homme politique et prêtre catholique, acteur central de la révolution sandiniste et compagnon de Daniel Ortega, s’est éteint à l’âge de 95 ans.

Par Nicolas Turcev,
avec AFP,
Créé le 02.03.2020 à 13h56,
Mis à jour le 02.03.2020 à 14h00

Le poète, prêtre catholique et homme politique nicaraguayen Ernesto Cardenal, figure de la révolution sandiniste et de la théologie de la libération, est décédé le 1er mars à l'âge de 95 ans, a annoncé son assistante. Les trois volumes de ses Mémoires sont parus en France aux éditions L’Harmattan, dans une traduction de Bernard Desfretières.
 
Il était l'auteur de plusieurs ouvrages poétiques comme Poèmes de la révolutions : vols victorieux (Temps des cerises, 2011, traduit de l’espagnol par Bernard Desfretières), Oraison pour Marilyn Monroe et autres poèmes (Temps des cerises, 2011, traduit de l’espagnol par Claude Couffon) et surtout El Evangelio de Solentiname (L'Evangile de Solentiname, non traduit), écrit au sein d'une célèbre communauté chrétienne de pêcheurs et d'artistes qu'il avait fondé dans les îles Solentiname, au milieu du lac Cocibolca.
 
"Il est mort aujourd'hui. Il s'en est allé dans une paix absolue, il n'a pas souffert", a déclaré à l'AFP Luz Marina Acosta, collaboratrice depuis plus de quarante ans de Cardenal. Le prêtre, hospitalisé depuis deux jours, a succombé à un arrêt cardiaque, a-t-elle précisé.
 
Le président Daniel Ortega, qui fut son compagnon d'armes au sein du Front sandiniste de libération nationale (FSLN) pendant la révolution, a aussitôt décrété trois jours de deuil national au Nicaragua.
 
Réprimandé par Jean-Paul II
 
Né le 25 janvier 1925 à Granada, près de la capitale Managua, Cardenal avait été ordonné prêtre en 1965. Embrassant la théologie de la libération, il avait participé à la révolution sandiniste qui en 1979 avait abouti à la chute du régime autoritaire d'Anastasio Somoza.
 
Devenu ministre de la Culture dans le premier gouvernement du FSLN, il avait été publiquement réprimandé par Jean Paul II sur le tarmac de l'aéroport de Managua à son arrivée en 1983 pour une visite officielle. Le pape polonais avait refusé sa bénédiction au prêtre-ministre, agenouillé devant lui, et, un doigt impérieux levé, l'avait tancé en lui demandant de "se réconcilier d'abord avec l'Eglise".
 
Deux ans plus tard, le prêtre n'ayant pas quitté ses fonctions politiques, le pape l'avait suspendu a divinis, lui privant ainsi du droit d’administrer les sacrements. Cette sanction avait été levée par le pape François en février 2019. Ernesto Cardenal, revêtu de l'étole, symbole de ses pouvoirs sacerdotaux recouvrés, avait alors reçu l'eucharistie des mains du nonce apostolique sur son lit d'hôpital, où il était soigné pour des problèmes rénaux.
 
Ernesto Cardenal avait pris ses distances avec Daniel Ortega et quitté le FSLN en 1994.

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