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BM-BU, un mariage de raison ?

L’ABF consacrait le 25 avril dernier une journée sur les alliances entre BM et BU. - Photo VÉRONIQUE HEURTEMATTE/LH

BM-BU, un mariage de raison ?

La coopération entre bibliothèques municipales et universitaires est appelée à se renforcer. Le 25 avril, une journée de l’ABF analysait les clés du succès et les modalités de ces alliances.

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Par Véronique Heurtematte,
Créé le 17.05.2013 à 00h00,
Mis à jour le 11.10.2013 à 23h52

La baisse constante des budgets et la volatilité grandissante des publics, en particulier lycéens et étudiants, rendent de plus en plus nécessaire la collaboration entre bibliothèques municipales et bibliothèques universitaires. Si le regroupement sur un même site s’est révélé jusqu’à présent peu concluant (les projets de Brest et de Clermont-Ferrand ont été abandonnés, celui de La Rochelle aura mis huit ans pour déboucher sur une réelle coopération entre les deux équipements voisins), différentes formes de partenariat se développent. Le 25 avril, le groupe Ile-de-France de l’Association des bibliothécaires de France organisait une journée pour faire le point sur ces alliances, parfois complexes, entre des bibliothèques aux vocations différentes et relevant de deux tutelles distinctes.

A La Rochelle, le partenariat entre la médiathèque Michel-Crépeau et la bibliothèque universitaire, abritées dans deux bâtiments mitoyens reliés par une rue intérieure, est enfin devenu réalité. Depuis 2012, les étudiants inscrits à la bibliothèque universitaire bénéficient de la gratuité dans le réseau de lecture publique de la ville. De la même manière, les usagers du réseau municipal âgés de plus de 15 ans peuvent accéder gratuitement à la BU. Plusieurs pistes de mutualisation sont à l’étude, comme la création d’une carte de lecteur commune aux deux établissements et une recherche unifiée dans les deux catalogues.

Autre cas de figure, la médiathèque du Grand Troyes, ouverte en 2002, a été prévue dès le départ pour desservir à la fois le grand public et les étudiants. La médiathèque acquiert des collections de niveau universitaire dans toutes les disciplines enseignées par l’université de Troyes, rangées avec les collections grand public. Plusieurs points restent à améliorer, en particulier l’absence, pour des raisons de droits, d’accès aux ressources numériques de l’université depuis la médiathèque.

Accueillir le public non prévu

Plus autonome, plus volatil qu’auparavant, le public circule d’un établissements à l’autres sans se soucier de son statut administratif. La BNF voit ainsi depuis plusieurs années l’arrivée massive des lycéens, un public qui n’avait pas été prévu au départ mais qui représente aujourd’hui 11 % des inscrits et jusqu’à 30 % des lecteurs pendant les périodes de révision. La bibliothèque s’est adaptée en achetant notamment les annales du baccalauréat. Pratiquant depuis sa création en 1998 une large ouverture à tous les usagers, la bibliothèque de l’université de Paris-8 Vincennes-Saint-Denis a dû, elle aussi, gérer l’apparition du public des lycéens, « séjourneurs » et bruyants. Elle a notamment développé les relations avec les CDI des lycées voisins. «Ces échanges peuvent familiariser les lycéens avec l’environnement universitaire et faciliter leur passage entre le secondaire et l’enseignement supérieur », estime Carole Letrouit, directrice du service commun de la documentation de Paris-8.

Véronique Heurtematte


17.05 2013

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