Bilan 2017: Le marché italien sort de la tempête | Livres Hebdo

Par Claude Combet, le 11.10.2018 à 10h40 (mis à jour le 11.10.2018 à 21h14) Francfort 2018

Bilan 2017: Le marché italien sort de la tempête

La librairie Bocca à Milan

En hausse de 2,8%, avec des cessions toujours plus importantes, le marché italien est en reprise depuis trois ans, sans toutefois rattraper les scores de 2011 selon l’Association italienne des éditeurs.

 

"Pour la troisième année consécutive, le marché italien confirme sa reprise après une longue période de récession. Avec un chiffre d’affaires de 2,773 milliards d’euros, il affiche une progression de 2,8% par rapport à l’année précédente (2,710 milliards d’euros et + 1,2% en 2016)", déclare l’Association italienne des éditeurs (AIE) qui a dévoilé les statistiques lors de sa traditionnelle conférence de presse en ouverture de la Foire du livre de Francfort, le mercredi 10 octobre.

Ce chiffre d’affaires monte à 3,104 milliards d’euros (en hausse de 4,5%) si on inclut les ventes d’Amazon et celles du livre d’occasion. "Le secteur est en train de sortir de la tempête mais, malgré les progressions, il reste en dessous de chiffre d’affaires de 2011, 3,2 milliards d’euros (sans Amazon) et a perdu 300 millions d’euros sur la vente en ligne et en grande distribution", note l’association. 

4 902 maisons ont publié au moins un titre au cours de l’année (+ 0,5% par rapport à 2016). Par rapport à 2010, 755 nouvelles maisons d’édition sont actives sur le marché. Au total les maisons d’édition italiennes ont produit 72 059 titres en 2017, soit une hausse de 9,2% par rapport à 2016, dont 68 022 nouveautés (+ 8,7%, 62 573 en 2016). Pour un prix moyen de 18,77 euros (il était de 20,60 euros en 2010). La fiction italienne et étrangère est en nette hausse (+ 9,6% si on inclut la littérature Young Adult) ainsi que les ouvrages pratiques (+ 4,9%). Après un ralentissement en 2016, la littérature pour la jeunesse rebondit (+ 13,7%), comme les documents (+ 1,9%) et l’édition professionnelle (+ 2%).

Tandis que la production de titres numériques chute drastiquement de 15,9%,  seuls 6 419 titres ont été produits par les maisons d’édition, le reste étant aux mains de l’autoédition. Une part importante du catalogue des titres vivants est conservée par les librairies en ligne et grâce aux nouvelles technologies de l’impression à la demande, qui permettent au secteur de conserver une grande partie de son fonds.

Changement des comportements d'achat

Les réseaux de ventes sont en pleine mutation selon l’AIE : les sites de ventes en ligne représentent 21,5% du marché, et les librairies traditionnelles, qui restent le principal canal pour acheter les livres, 70,8% (73% en 2016). La grande distribution (8,7%) peine à trouver un nouveau public. Comparés à 2007, où l’e-commerce représentait 3,5%, les librairies traditionnelles 79%, et la grande distribution 17,5%, "on constate que les comportements d’achat changent", note l'association. 

"Depuis les années de crise, les éditeurs italiens sont devenus plus internationaux et ont une plus grande capacité à promouvoir et à vendre les droits des auteurs italiens sur les marchés étrangers – pas uniquement les titres jeunesse ou pour les ados mais aussi la fiction pour les adultes", commente encore l’AIE. En 2017, les éditeurs italiens ont cédé les droits de 7 230 titres à leurs confrères étrangers, soit 10,1% de plus qu’en 2016 (6565 titres en 2016) ; et ils ont acheté les droits de 9 290 ouvrages (- 2,5%). "Même si on doit observer le mouvement sur le long terme, l’augmentation des cessions est de 18,9% par an depuis 2001 et une hausse des achats de 4,5%. La cession de droits est devenu un élément indispensable du développement de l’édition italienne", souligne l’AIE. 

Pour 2018, l’AIE annonce une baisse des ventes entre 0,2% et 0,4%, pour cause de crise économique italienne, voire mondiale, et de stagnation de la consommation, mais elle tempère en constatant que 40% des nouveautés sont publiées entre septembre et novembre. Cependant, elle s’inquiète toujours du faible nombre de lecteurs, qui "reste le problème majeur" de la péninsule. 

 
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