Au Mexique, la belle latine séduit les Français | Livres Hebdo

Par Mylène Moulin, à Guadalajara, le 05.12.2016 à 15h52 (mis à jour le 05.12.2016 à 16h00) FOIRE DE GUADALAJARA

Au Mexique, la belle latine séduit les Français

Pour l'éditrice Dana Burlac, la FIL est un moment privilégié pour renforcer les liens avec les éditeurs latino-américains. - Photo MYLÈNE MOULIN / LH

Pour ses 30 ans la Foire du Livre de Guadalajara, qui s’est déroulée du 26 novembre au 4 décembre au Mexique, s’est une fois de plus affirmée comme la plus importante manifestation littéraire grand public et professionnelle du monde hispanophone, attirant de nombreux Français. 

Les soirées au bar salsa Veracruz et les mythiques fêtes de la maison d’édition Sexto Piso y sont sans doute pour quelque chose… Mais c’est bien pour son bouillon de culture, son foisonnement d’échanges - parfois très informels - et son programme professionnel dense et international, que la Foire du livre de Guadalajara (FIL) est le rendez-vous préféré des éditeurs français en Amérique Latine.

Pour sa trentième édition, qui s’est déroulée du 26 novembre au 4 décembre, les organisateurs de la manifestation mexicaine ont vu les choses en grand. 751 auteurs invités dont Mario Vargas Llosa, Norman Manea, George R. R. Martin et James Dashner, 171 conférences littéraires, 250 activités réservées aux professionnels, plus de 20 000 éditeurs, agents, libraires et bibliothécaires originaires de 44 pays et pas moins de 813 000 visiteurs.

Programme francophile

Parmi les têtes d’affiches, le Français Benjamin Lacombe a fait salle comble lors de la présentation de son nouvel ouvrage Frida (Albin Michel Jeunesse) publié en espagnol par Edelvives. L’illustrateur, véritable star au Mexique, a offert une conférence magistrale pendant les journées professionnelles et animé un atelier d’illustration.

La jeunesse et la bande dessinée étaient d’ailleurs au cœur du programme littéraire francophone avec la présence de Serge Bloch et Frédéric Boyer pour leur Bible – les récits fondateurs (Bayard), traduite par Sexto Piso, et de Robin Cousin venu défendre Chercheur Fantôme (FLBLB) publié par la maison mexicaine La Cifra Editorial.

Très attendu, le français Laurent Binet a de son côté présenté La septième fonction du langage (Grasset) édité par Seix Barral et participé à plusieurs rencontres dont l'une d'elles autour de la littérature européenne.
 
Nous travaillons depuis plusieurs années avec les éditeurs mexicains sur la nécessaire modification de la législation sur le prix unique. Jean-Guy Boin

Courue par les Français, la foire a accueilli cette année une quinzaine de professionnels. Pour Jean-Guy Boin, qui se rend chaque automne à Guadalajara, cette présence est indispensable, notamment dans le cadre de la collaboration autour de la loi sur le prix fixe. "Nous travaillons depuis plusieurs années avec les éditeurs mexicains sur la nécessaire modification de la législation sur le prix unique qui souffre de failles juridiques importantes. Notre rôle est de les accompagner et d’apporter notre expertise dans ce domaine”, explique le directeur général du Bureau international de l’édition française (Bief).

De plus en plus nombreux à la FIL, les responsables de droits français viennent de leur côté entretenir les relations avec le monde éditorial hispanophone, dénicher des pépites ou vendre des droits aux maisons mexicaines, argentines, péruviennes, colombiennes et chiliennes traditionnellement très ouvertes à la traduction. Parmi les habitués, Gallimard, Le Seuil, Bayard, l’agence Hannele & Associates, et Anne-Marie Métailié, venue présenter 33 révolutions, de Canek Sanchez Guevara, initialement publié en France et lancé en version espagnole durant la FIL.

Guadalajara est devenue incontournable

Invitée par la foire dans le cadre d’un fellowship, l’éditrice Dana Burlac de Denöel a renforcé ses liens avec des maisons indépendantes emblématiques telles que les Mexicains Sexto Piso et Almadia ou les Argentins Sigilo et Eterna Cadencia. " Venir ici m'a permis de découvrir les spécificités des marchés latino-américains, de comprendre le schéma de distribution des livres dans la région et entre chaque pays, de voir comment les éditeurs parlent de leurs livres, comment ils fonctionnent et de découvrir de vraies personnalités ", raconte l’éditrice. Plus festive que Francfort, plus détendue que Londres, plus latino que New York, Guadalajara est devenue incontournable.
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