Entretien

Agathe le Taillandier ("Le Book Club" sur Louie Media) : "Le podcast, c'est un endroit parfait pour parler de littérature"

Photo LOUIE MEDIA

Agathe le Taillandier ("Le Book Club" sur Louie Media) : "Le podcast, c'est un endroit parfait pour parler de littérature"

Depuis 2019, le studio de podcast Louie Media a lancé "Le Book Club". Après 75 emissions, le podcast réalise de très bons scores de diffusion d'après le classement de l'ACPM. Il se hisse à la 37e place avec 73014 téléchargements en janvier. 

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Par Thomas Faidherbe,
Créé le 18.02.2021 à 14h52,
Mis à jour le 18.02.2021 à 16h03

Selon le baromètre des chiffres de diffusion de podcasts certifiés en France pour le mois de janvier 2021 publié mardi 16 février par l'Alliance pour les Chiffres de la Presse et des Médias, plus de dix millions d'écoutes ont été enregistrées. Les contenus audio séduisent mais certaines thématiques plaisent plus que de d'autres. C'est le cas notamment du secteur culturel avec "Culture Générale" du réseau Choses à savoir en tête du classement avec 1927253 téléchargements. Dans le trio de tête, on retrouve également une autre émission dédié à la culture, "Mythes et légendes" de Quelle Histoire. "Le Book Club" de Louie Media, se place 37e, avec 73014 télécharments dans le monde dont 56969 en France. Livres Hebdo a rencontré la présentatrice de l'émission, Agathe le Taillandier, qui évoque une émisssion littéraire avec des femmes. 



Quelle est l'origine du Book Club ?

Au départ, c'est Charlotte Pudlowski, la créatrice de Louie Media, qui a conçu le projet. Le podcast "Le Book Club" existe alors depuis plus d'un an et demi. L'idée, c'était de créer un podcast littéraire qui correspond à la ligne de Louie Media. On devait y apprendre des choses. Il fallait savoir en quoi la littérature ouvre des mondes et bouleverse des parcours de vie. Mais, en même temps, il fallait en parler de manière intime. On parle de soi à la première personne à travers la littérature. Le podcast avait aussi une autre volonté, celui de ne faire intervenir que des femmes, qu'elles soient artistes, auteures, scientifiques, militantes ou encore politiques. Ainsi on offrere plus de place et de disponibilités pour des textes de femmes.

Pourquoi avoir lancé un podcast exclusivement sur le livre ? 

Le podcast, c'est un endroit parfait pour parler de littérature. On y fabrique des récits à la première personne. On peut y transmettre des récits, des fictions avec cette part de l'oral, qui est un peu à l'origine de la littérature. C'était assez évident qu'il fallait une place de la littérature dans le podcast, parce que c'est un endroit où l'on raconte des histoires. Le lancement du "Book Club" a permis de faire de la littérature une mise en mouvement du réel et pas simplement un objet intellectuel. 

Depuis le premier confinement, les individus sont revenus au livre. De cette manière, est ce que le book club est-il le reflet de ce besoin de culture et de la littérature ? 

On a eu un grand boom d'audience depuis déjà un an maintenant. A sa manière, le Book Cub a répondu à plusieurs attentes, à la fois il y a un côté un peu prescripteur, c'est-à-dire que beaucoup de gens ont cherché des idées de livres. Vu le contexte, pour beaucoup ca été à la fois un refuge et en meme temps un échappatoire. En plus, ce qui est intéressant, c'est que le Book club n'est pas juste une émission de prescription. Nous sommes un endroit qui mélange un lieu de conseil littéraire et en même temps l'incarnation de ses conseils. A chaque fois, on se projète dans la vie des invitées, à travers un moment important de leur vie.  

Quel est le public du Book Club ? 

Depuis le lancement de notre podcast, le public a pas mal bougé. Au début le premier format du "Book club" était une interview d'une personnalité, qui nous conseillait trois livres. Donc il y avait beaucoup de références et pas forcément le temps pour se plonger dans chacune des références. C'était un peu érudit, parce la plupart des temps les références étaient de niche. Nous nous sommes orientés vers un autre format, qui a amené un autre type de discours sur la littérature. Grâce à ce changement, les oeuvres ont pu se diversifier. Aujourd'hui, on parle à un public qui n'est pas forcément grand lecteur ou lectrice. Certains nous le confirment en disant "J'y vais plus pour l'histoire que la littérature en elle-même." Ils cherchent des conseils.

Chaque semaine, vous évoquez avec une invitée un livre qui a compté à un moment charnière de leur vie. Quel serait votre choix ? 

Je me suis posé la question pleins de fois. Je me suis dit "mince si je faisais moi-même l'émission je serai bien ennuyée". Il y a tellement de texte important entre les textes fondateurs dans l'enfance, l'adolescence et à l'âge adulte. Adulte, ce serait L'art de la joie de l'auteure italienne Goliarda Sapienza (Le Tripode). Pour moi, c'est un livre qui a été important parce qu'il m'a mise au contact d'une héroine assez étrange et extrêmement libre. Elle est maîtresse de son destin, avec un rapport à la vie et à l'intimité très intéressant. Elle m'a ouvert des portes.
 

Classement de l'ACPM


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