10 ans d’adaptation et d’évolution: l’édition tient toujours | Livres Hebdo

Par Hervé Hugueny, le 03.12.2018 à 23h19 (mis à jour le 04.12.2018 à 14h38) Assises du livre numérique 2018

10 ans d’adaptation et d’évolution: l’édition tient toujours

Les 10 ans des assises du livre numérique. - Photo ©OLIVIER DION

L’édition anniversaire des Assises du livre numérique fait évoluer la formule de ces rencontres et débats, qui dressent un état des lieux des initiatives et transformations en cours, sous l’emprise des nouvelles technologies.

Organisées depuis 2008 par le Syndicat national de l’édition (SNE), les Assises du livre numérique programmées cette année le 3 décembre à Paris ont alterné conférences en matinée et présentations thématiques l’après-midi. L’ensemble des échanges et débats sera mis en ligne ultérieurement sur le site internet du SNE.
 
Les 10 ans des assises du livre numérique. - Photo ©OLIVIER DION
Il n’y pas eu de bilan de la décennie passée. L'édition, dans un climat d’adaptation résistante, a tenu à distance les possibles bouleversements et voyaient davantage de dangers que d’opportunités. "A cette époque, l’édition entrait de plain-pied dans le digital (j'ai envie de dire 'à reculons !') et la création des assises correspondait avant tout à un besoin de formation des professionnels", a rappelé Vincent Montagne, président du SNE. "Aujourd’hui, c'est bien d'un écosystème numérique dont il s'agit. Et dans lequel l’édition de livres s’inscrit avec bonheur et détermination", a-t-il ajouté.

Par rapport à l’audiovisuel, l’édition résiste plutôt bien à la disruption numérique évoquée dans sa conférence inaugurale par Eric Scherer, directeur de l’innovation de France Télévisions. Mais il serait illusoire de croire que "le nuage numérique s’arrêtera à la frontière du livre", a-t-il prévenu, évoquant diverses attitudes d’évitement ou d’attentisme dont certaines ont fait sourire ("ça tiendra bien jusqu’à ma retraite").

Il a listé trois défis à relever : celui de la créativité qu’engendre cette technologie, qui doit être au service de la narration et non l’inverse ; celui de l’expérience de l’utilisateur qui doit être le plus fluide possible ; et celui de la monétisation de ces contenus numériques, que seuls les grandes plateformes américaines ont réussi à obtenir, essentiellement via la publicité.

Pour le livre, il importe aussi de tenir le socle juridique de son activité. "Le droit d’auteur est la pierre angulaire de toutes les industries culturelles. L’enjeu du combat que nous menons aux côtés des autres industries culturelles (notamment par France Créative) est d’en défendre le principe et d’inscrire dans les textes au niveau européen que la valeur de la création appartient à celles et ceux qui créent et à celles et ceux qui prennent des risques pour qu’elle puisse exister. Et non à ceux qui la diffusent",  a averti le président du SNE.
 
Les 10 ans des assises du livre numérique. - Photo ©OLIVIER DION
C’est ce travail de préservation du cadre juridique dans l’environnement numérique que les intervenants de la table ronde sur "le droit d’auteur en mouvement" se sont efforcés d’expliquer. Intense depuis le lancement des travaux de la Commission européenne en 2015 autour du projet de directive sur le droit d’auteur, il mobilise toujours partisans et opposants des termes de ce projets, qui connaît ses dernières négociations à Bruxelles, avant un vote attendu au premier trimestre prochain.

A côté du cadre juridique, le cadre technique est aussi discuté, avec plus de discrétion que les débats publics entourant le projet de directive, mais avec des enjeux tout aussi importants. Ivan Herman, responsable technique de Publishing@W3C, la branche édition du World Wide Web consortium (W3C), a expliqué l’activité de cette organisation qui établit les normes et standard mondiaux des nouvelles technologies pour le web. Dans le livre, l’essentiel du travail concerne l’ePub, et ses développements permanents. En France et en Europe, la mise en œuvre de ces normes est assurée par l’EDR Lab, dont Laurent Le Meur, son directeur technique, a rappelé les dernières réalisations et les projets concernant le livre audio.

Des réalisations concrètes en développement

Débouchés concrets de ces austères concepts juridiques et techniques, plusieurs réalisations, déjà en fonctionnement ou encore au stade de la recherche et développement (R&D), ont terminé la matinée de ces assises : Baobab, l’application de lecture dédiée au prêt numérique, présentée par Dilicom, à partir de LISA, l’application développée par ABM ; un personnage chatbot de Molière, conçu à partir du fonds de textes de Gallica, le catalogue libre de droits de la BNF ; le standard TiddlyWiki, sorte de format universel des contenus numériques, auquel la plateforme Immatériel consacre l’essentiel de sa R&D ; la collection Colibri, accessible au public DYS, lancée par Belin et ABM ; et enfin, la nouvelle liseuse résistante au jeune public, présentée par Bookeen et ePagine.
 

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