Une très bonne année 2016 pour le livre au Québec selon le "Bilan Gaspard" | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 23.03.2017 à 15h52 (mis à jour le 23.03.2017 à 16h00) Bilan 2016

Une très bonne année 2016 pour le livre au Québec selon le "Bilan Gaspard"

« 3 fois par jour », deuxième tome, meilleure vente de livre en 2016 au Québec

Pour la première fois, la littérature jeunesse dépasse la littérature générale selon le bilan complet par secteur du marché et des ventes de livres au Québec, publié pour la cinquième année consécutive par la BTLF.

La Société de gestion de la banque de titres de langue française (BTLF) a édité son 5e bilan du marché du livre au Québec, communément appelé « bilan Gaspard », pour l’année 2016, en vente ici.
 
Bonne nouvelle, le panel des 260 libraires (hors grandes surfaces culturelles et chaînes de librairies) a vu ses ventes annuelles augmenter de 4,9%, soit davantage qu’en 2015 (+3,3%) mais aussi mieux que la consommation au détail tous secteurs confondus (+4,3%). Au total les ventes de livres ont généré 197 millions de dollars canadiens (137 millions d'euros) en 2016.

Le secteur jeunesse
 
La plus forte augmentation des ventes de nos comparables a été enregistrée par le livre jeunesse : elle a été de 12,4 % par rapport à 2015. Cette hausse marquée a permis au livre jeunesse de détrôner la littérature comme catégorie reine dans le marché en 2016 ” peut-on lire dans le bilan Gaspard. " L’arrivée en octobre du tome 8 de la série Harry Potter  (Gallimard-Jeunesse) a dopé les ventes de fin d’année. Avec seulement onze semaines de ventes, le titre a réussi à se hisser au 3e rang des meilleures ventes générales de l’année, rappelant la performance du dernier Astérix  paru en 2015”, précise le rapport.

Le secteur jeunesse a aussi bénéficié du succès de la série Léa Olivier (Malins) et du phénomène Pokémon. Mais le marché reste dominé par les éditeurs étrangers (52%), notamment grâce à Harry Potter. Le Seuil tire aussi son épingle du jeu avec Journal d’un dégonflé dont deux tomes sont dans les 15 meilleures ventes du genre.
Autre retour inattendu, celui des dictionnaires dont le secteur affiche une hausse de 10,8%.
 
En 2016, la littérature jeunesse (9426 nouveautés) a ainsi rapporté 42,74 millions de dollars canadiens soit 30 millions d'euros (21,7% de part de marché), la littérature générale 41,48 millions de dollars canadiens soit 29 millions d'euros (21% de PDM), les pratiques 24 millions de dollars canadiens soit 16,7 millions d'euros (12,2% de PDM), le secteur Economie, droit gestion 13,41 millions de dollars canadiens soit 9,3 millions d'euros (6,8% de PDM), les Sciences et médecines 10,88 millions de dollars canadiens soit 7,6 millions d'euros (5,5% de PDM) et la BD 10, 57 millions de dollars canadiens soit 7,3 millions d'euros (5,4 % de PDM). Seuls la littérature générale et les livres pratiques sont en baisse par rapport à 2015.

Les cinq meilleures ventes
 

Tous secteurs confondus, les cinq meilleures ventes de livres sont le tome 2 de 3 fois par jour de Marilou et Alexandre Champagne (Cardinal), le tome 2 de Famille futée : 175 recettes santé à moins de 5$ par portion de Geneviève O’Gleman et Alexandra Diaz (La semaine), le 8e tome d’Harry Potter, En as-tu vraiment besoin ? de Pierre-Yves McSween (Guy Saint-Jean) et Le guide de l’auto 2017 de Daniel Melançon (Homme).

En littérature générale (9781 nouveautés), la meilleure vente, toutes nationalités confondues, est La fille de Brooklyn de Guillaume Musso (XO) est 7e, qui classe aussi en format poche L’instant présent (27e, Pocket) et Central Park (163e, Pocket). Marc Levy avec L’horizon à l’envers (Robert Laffont) est 11e. Les autres auteurs français classés dans les 200 meilleures ventes annuelles sont Frédéric Lenoir et Eric-Emmanuel Schmitt. Nombreux éditeurs français sont présents dans le classement avec des écrivains étrangers (Nicholas Sparks, Elena Ferrante, Mary Higgins Clark, Camilla Läckberg…).

Par genre, le roman (40%) surclasse largement le policier (18%) et la littérature sentimentale (10%). Là aussi, les éditeurs étrangers se taillent la part du lion avec 57% du marché.

Les essais
 
Côté essais, Emmanuel Carrère, Raymond Queneau, Jean d’Ormesson, Dany Laferrière, Nancy Huston et Albert Camus trustent les meilleures ventes du secteur très largement soumis aux publications étrangères (67%) contrairement à la poésie et au théâtre, le pratique (surtout la cuisine) et les biographies, principalement d'origine québécoise (respectivement 58%, 76% et 72% du marché). Notons quand même le bond des éditeurs français dans le secteur pratique avec une hausse de 33%.

La bande dessinée 
 
Pour la BD (4108 nouveautés), c’est la série locale d’Alex A. parue chez Presses Aventure, L'agent Jean, qui règne sur les ventes avec les douze premières places du classement sectoriel ! Dargaud place le 13e titre le plus vendu avec le magnifique S’enfuir : récit d’un otage de Guy Delisle. La série Les Légendaires de Patrick Sobral (Delcourt) classe quand même quatre titres. Les inusables Astérix (Le papyrus de César, Albert-René) et Lucky Luke (La terre promise, Lucky Comics) sont respectivement 14e et 29e. Le marché reste dominé par les éditeurs étrangers (68%) et par les albums (81%) face aux mangas et comics.

Le tourisme
 
Notons également que le tourisme n’a pas le même visage au Québec qu’en France. Dans la Belle-Province, la Floride, l’Europe et les Croisières sont les meilleures ventes du secteur. Outre le Québec et les Etats-Unis, l’Europe méditerranéenne sont préférées à la France. Un éditeur domine les ventes, Ulysse (8 titres), devant Libre expression, Journal et Homme. Mais globalement, les éditeurs québécois ne captent que 45% du marché.

Une hausse de 7,3%

L’édition québécoise affiche dans son ensemble une hausse des ventes de 7,3 % comparé à 2015, ce qui est trois fois mieux que son résultat de l’an dernier (+2,2 %). Les ventes des éditeurs étrangers ont connu une hausse de 2,6 % en 2016, inférieures à celle de l’an dernier (+3,9 %). Leur part de marché est de 50,6 %, toutes catégories confondues (51,5 % en 2015).
 
 

Sur les mêmes thèmes (1 articles)

close

S’abonner à #La Lettre