Un traité pour l’avenir | Livres Hebdo

Par Cécile Charonnat, le 05.07.2013 (mis à jour le 11.10.2013 à 23h52) Publication

Un traité pour l’avenir

La vitrine de la librairie Le Divan, à Paris. - Photo OLIVIER DION

A l’initiative de Christian Thorel, six libraires réaffirment leurs certitudes quant à l’avenir du métier dans un recueil destiné à l’interprofession, diffusé au cours de l’été.

Au départ, il y a eu une conversation en mars avec sa consœur Josette Vial (Compagnie, Paris 5e). «Nous voulions contrecarrer cette impression d’effondrement et cette complaisance dans la contemplation de la crise qui domine la librairie française et qui n’allait pas manquer de ressortir au Salon du livre et aux Rencontres de Bordeaux, explique Christian Thorel, qui dirige Ombres blanches à Toulouse. Nous voulions aussi nous inscrire en faux face à cette image d’une profession déclinante, en train de perdre. » A l’arrivée, il y a un recueil d’une soixantaine de pages intitulé « Propos sur le métier de libraire, conversations sur le commerce des livres ». Il rassemble les contributions de Josette Vial, de Philippe Touron (Le Divan, Paris 15e), de Pascal Thuot (Millepages, Vincennes), de Jean-Jacques Tonnet (librairie Tonnet, Pau), d’Isabelle Schulmann et d’Antoine Fron, repreneurs de L’Arbre à lettres Mouffetard (Paris 5e) et de Christian Thorel. Chacun y livre sa conception d’une des facettes du métier de libraire, dressant ainsi une sorte de synthèse des grandes questions qui traversent actuellement la profession. Sont donc abordés l’assortiment, le management et la transmission des savoir-faire, la vente, l’animation des stocks et du magasin, la reprise d’une librairie et le rôle de la « représentation » dans le métier de libraire. Les entretiens, plus ou moins concrets selon les thèmes, se veulent avant tout une alternative au « discours purement économiste », insiste Christian Thorel, pour réaffirmer en premier lieu le plaisir d’exercer cette profession et sa dimension fondamentale, qui consiste à faire commerce. Il s’agit de retrouver le sens profond de la librairie, son esprit, sa conscience, son histoire et ses méthodes.

Abrité par la maison d’édition adossée à Ombres blanches, Rue des gestes, le livret est destiné à l’interprofession et ne sera pas commercialisé. Interforum, le CDE, Volumen et Actes Sud se sont déjà portés acquéreurs selon Christian Thorel et devraient le recevoir au cours de l’été. Une initiative, qui, pour le libraire toulousain, pourrait ressembler à « un début d’autre chose », comme une nouvelle formule des Cahiers de la librairie, publiés pendant cinq ans par le SLF et dirigés par… Christian Thorel.

Cécile Charonnat

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