Théâtre

"Un fils de notre temps" d’Odon von Horvath sur scène

Antoine Raffalli dans "Un fils de notre temps" - Photo COPIE D'ÉCRAN/LA CRIÉE

"Un fils de notre temps" d’Odon von Horvath sur scène

Quatre adaptations sont prévues au mois d'avril: Un fils de notre temps, Un crime, La maladie de la mort et King Kong Théorie.

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Par Cécilia Lacour,
Créé le 28.03.2018 à 14h00,
Mis à jour le 28.03.2018 à 14h00

Du 3 au 6 avril, La Criée de Marseille accueille Un fils de notre temps d’Odon von Horvath, mis en scène par Jean Bellorini.
 
Engagé, le dramaturge austro-hongrois Odon von Horvath a longtemps mis en garde contre les dérives fascistes. Si bien que ses ouvrages font parti de ceux qui ont été brûlés par les nazis. Exilé à Vienne puis à Paris, il publie Jeunesse sans Dieu en 1938 qui vise explicitement l'embrigadement de la jeunesse par la propagande nazie. Un thème qu'il décline dans Un fils de notre temps, achevé peu avant sa mort.

D'actualité
 
Ce roman évoque l'embrigadement d'un soldat dans l'idéologie nazie. Le héros de l'histoire est chômeur, vit dans un pays en crise et méprise son père, serveur dans un café. Fasciné par l'espoir d'un monde plus simple, fraternel et généreux où il croit trouver un sens à sa vie, il s'engage dans l'armée nazie où il obéit aveuglément aux ordres. Entraîné dans un univers peuplé d'horreurs et de montres, il tue par un réflexe de défense avant de se rendre compte de l'inhumanité de son engagement.
 
L'adaptation contemporaine de l'œuvre voit se succéder quatre jeunes acteurs pour donner corps au monologue du soldat qui, à lui seul, fait résonner la perte de repère d'une génération sacrifiée.
 
Publié en France chez Bourgois en 1988 et réédité en poche à trois reprises chez 10-18 et chez Gallimard, Un fils de notre temps reste terriblement d'actualité et souligne les crises identitaires, la confusion et les inquiétudes sourdes. Le roman a également été adapté sur petit écran en 2003 par Fabrice Cazeneuve, avec Jérémie Renier (Le silence de Lorna, Saint Laurent, L'Amant double) dans le rôle principal.
 

Les autres adaptations du mois d'avril 2018

Adapté par Jonathan Capdevielle, A nous deux maintenant s'inspire d'Un crime de Georges Bernanos, publié la première fois chez Plon en 1935. Sur la scène du Quai d'Angers du 4 au 6 avril, l'œuvre met en scène un curé qui débarque en pleine nuit dans un village rude et froid pour intégrer sa nouvelle paroisse. Il s'attire rapidement la sympathie de sa bonne, la vieille Phémie et la réveille une nuit, après avoir entendu deux coups de feu. Une veuve octogénaire est découverte assassinée dans sa chambre, tandis que le coupable présumé est retrouvé, mortellement blessé, dans le parc du château.
 
Du 4 au 6 avril, le Tandem de Douai fait face à La maladie de la mort. Edité chez Minuit en 1983, l'ouvrage de Marguerite Duras raconte l'histoire d'un homme qui paie une femme pour en jouir. Mais il ne parvient pas à l'aimer et pleure. Elle lui dit alors qu'il est atteint de la maladie de la mort.
 
Le 10 avril, Le Phénix de Valenciennes accueille King Kong Théorie de Virginie Despentes, mis en scène par Emilie Charriot. Publié chez Grasset en 2006 et réédité au Livre de poche l'année suivante, l'ouvrage livre les réflexions de l'auteure de Vernon Subutex sur sa vie de femme et les événements qui ont guidé ses choix. Elle s'interroge aussi sur l'ordre établi, la place laissée dans les sociétés modernes à chacun des deux sexes ou encore sur son expérience de la prostitution occasionnelle.

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