Littératures méditerranéennes

Transmettre, traduire, publier : la Méditerranée à l'œuvre

Mohamed Melehi, Volcanique, 1985, peinture cellulosique sur bois - Photo Collection privée. Courtesy M. Melehi

Transmettre, traduire, publier : la Méditerranée à l'œuvre

Un tiré à part consacré aux horizons littéraires de la Méditerranée a été distribué dans sa version papier avec notre Spécial littérature de genre et le mensuel LH Le magazine de juin la semaine dernière. Conçu en partenariat avec l’Institut français, il s’articule avec la clôture de la deuxième saison de l’initiative Livres des deux rives. Nous vous le restituons en grande partie et gratuitement en attendant une présentation aux professionnels de la filière à Paris le 9 juillet à 9h30 (plus de détails dans l’invitation à venir). Voici l’édito de cette publication.

Par Alexandre Mouawad
Créé le 12.06.2026 à 12h30 ,
Mis à jour le 29.06.2026 à 11h18

L'idée de publier un tiré à part dédié à la Méditerranée est née au sous-sol de La Fondation du roi Abdul-Aziz Al Saoud pour les études islamiques et les sciences humaines à Casablanca. Ici les étages et étagères font se côtoyer à égalité penseurs, théologues, philosophes arabes, français ou encore américains sous des parchemins de vers soufis ornant les murs. Les différents protagonistes de la réunion du jour déroulaient les aides et initiatives en faveur d'un dialogue entre les rives de la Méditerranée avec une passion paisible, tout entière à l'autre, à l'opposé des passions tristes qui semblent faire les choux gras d'une trop grande partie des médias internationaux.

L'étincelle qui a allumé pour de bon la mise en branle de ce tiré à part est venue du constat suivant. Un organisateur du Sommet international des pensées arabe qui s'est tenu à l'Institut du monde arabe en novembre 2024, sous le parrainage d'Edgar Morin, s'agaçait de rappeler que, malgré ses nombreuses relances par téléphone et par mail, de tous les journalistes et éditorialistes vraisemblablement obsédés par les Arabes au point de les mettre fréquemment à la une de leurs journaux et des gros titres de leurs émissions, pas un n'avait daigné faire le déplacement pendant ces deux jours dans le Ve arrondissement.

Soutien sans faille des équipes de l'Institut français

Pourtant pas des plus hostiles. « Pas même une heure. Ils n'étaient pas tenus de faire un papier mais ils auraient pu passer une tête ! » Nombreux universitaires et intellectuels majeurs arabes avaient pourtant, eux, fait le voyage d'un peu partout sur la planète. Embêté, l'homme de lettres racontait qu'un de ses amis, grand éditeur d'une grande maison appartenant à un grand groupe, lui avait confié être très intéressé par la traduction d'écrivains en langue arabe mais qu'il ne savait pas comment s'y prendre. Mauvaise foi ? il semble que non. Des maisons indépendantes au-dessus de tout soupçon de frilosité nous ont depuis confié être tout autant désemparées.

Plus d'un an après, grâce au soutien sans faille des équipes de l'Institut français, la rédaction peut être fière de présenter aux professionnels français, par le menu, 1 001 moyens de s'intéresser aux littératures et aux pensées qui irriguent le monde arabe dans ce que j'ai pu percevoir un temps comme un panarabisme éditorial, opposant encore une fois le temps long des lectures et des discussions qu'elles permettent à la surexposition permanente de tous les avis, les plus indigents et tape-à-l'œil restant toujours à ce compte les plus visibles et les plus relayés. Assurément pas les plus mémorables.

Aujourd'hui, à l'image de l'atmosphère feutrée dans laquelle nous avons baigné à Casablanca, ne laissons pas s'éteindre les lumières subtilement tamisées de l'amitié. Et battons-nous pour que vivent les dialogues les plus féconds, à la lueur de nos espoirs.

 

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