Depuis le 1er janvier 2026, l’intégralité de l’œuvre de Thomas Mann (1875-1955) est libre de droits. La Montagne magique (1924), La Mort à Venise (1912) ou encore Les Buddenbrook (1901) peuvent désormais être édités, adaptés ou traduits sans qu’aucune redevance ne soit due à ses héritiers. En France, le droit d’auteur protège une œuvre pendant 70 ans après la mort de son créateur : ce seuil vient d’être franchi pour le prix Nobel de littérature 1929.
Historiquement édité chez Fayard, Thomas Mann demeure l’une des grandes figures de la littérature européenne du XXᵉ siècle. Son premier roman, Les Buddenbrook, est réédité ce mois de janvier aux éditions Des Belles Lettres et chez Gallimard. La Montagne magique, également paru chez Fayard en 1931, sortira au format poche chez Points en février. Enfin, pour ne citer que les plus célèbres, La Mort à Venise et autres nouvelles paraîtra le 22 janvier chez Bourgois dans une nouvelle traduction de Claire de Oliveira. Le titre est aussi réédité en poche chez Flammarion et Le Livre de Poche ainsi qu'en grand format chez Le Bruit du Temps et Les Belles Lettres.
Littérature française
En ce début 2026, la littérature française voit elle aussi certaines de ses figures littéraires rejoindre le domaine public. L'œuvre de Paul Claudel (1868-1955), écrivain, dramaturge, poète et diplomate, est désormais libre de droits. Frère de la sculptrice Camille Claudel, il est l’auteur de pièces de théâtre comme Le Soulier de satin ou L’Annonce faite à Marie. Après avoir mené une longue carrière diplomatique, il a été élu à l’Académie française en 1946. Historiquement publié chez Gallimard en 1929, Le Soulier de satin sera réédité en version poche chez Flammarion début janvier.
Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) entre également dans le domaine public. Prêtre jésuite, paléontologue et philosophe, il a cherché à concilier foi chrétienne et théorie de l’évolution. Sa vision spirituelle de l’univers, où l’humanité progresse vers un point d’unification ultime, l’« Oméga », traverse son œuvre majeure Le Phénomène humain (1970. Seuil). Une réédition de ce texte, accompagnée de Le Milieu divin, paraîtra le 8 janvier chez Loyola.
Le 1er janvier marque également l’entrée dans le domaine public d'auteurs moins connus du grand public. Léon Werth (1878-1955), écrivain, essayiste, critique d’art et journaliste français, est célèbre pour ses récits de la Grande Guerre, Clavel soldat (1919) et Clavel chez les majors (1919), mais aussi pour ses critiques du colonialisme dans Cochinchine (1926). Ami proche d’Antoine de Saint-Exupéry, qui lui dédia Le Petit Prince, Léon Werth a vu l’aviateur signer la préface de 33 jours dont la version retrouvée a été éditée chez Viviane Hamy en 2015 (3 534 exemplaires vendus).
Enfin, cette courte liste n'est qu’un aperçu des nombreuses figures du XXᵉ siècle qui rejoignent le domaine public. Parmi elles, on peut citer l’Espagnol José Ortega y Gasset (1883-1955), la libraire et éditrice Adrienne Monnier (1892-1955), le poète et dramaturge Miguel Zamacoïs (1866-1955), le philosophe Dominique Parodi (1870-1955) ou encore le Suisse William Ritter, critique, journaliste et écrivain.
