Quelle place pour l'information scientifique dans les nouveaux groupements universitaires ? | Livres Hebdo

Par Véronique Heurtematte, à Nice, le 06.10.2016 à 17h06 (mis à jour le 07.10.2016 à 12h44) ADBU

Quelle place pour l'information scientifique dans les nouveaux groupements universitaires ?

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Alors que les universités se rassemblent au sein de grands pôles, les services de la documentation et de l'information doivent affirmer leur rôle de "chaînon liant", selon l'intitulé donné à la table ronde qui clôturait jeudi 6 octobre à Nice le congrès de l'ADBU (Association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation).
 

Depuis 2013, la loi dite Fioraso oblige les universités à se rassembler en très grands pôles, avec pour principal enjeu de créer des ensembles d'enseignement supérieur et de recherche d'excellence, capables de rivaliser au niveau mondial avec les grandes institutions étrangères. Quel rôle joue l'information scientifique et technique dans ce nouveau paysage universitaire ? La table ronde consacrée à cette question, jeudi 6 octobre lors du congrès de l'ADBU (Association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation) à Nice, a dressé un bilan nuancé, constitué d'avancées indéniables et de freins encore persistants.

Au sein de ces universités “mastodontes”, constituées d'institutions souvent hétérogènes et qui peuvent regrouper 100 000 étudiants, voire plus, l'information scientifique et technique constitue un élément structurant fort, se sont accordés à dire tous les intervenants. "C'est un marqueur de la qualité de la recherche et un moyen de son efficience", a affirmé Renaud Fabre, directeur de la formation scientifique et technique au CNRS.

Si l'information scientifique et technique s'organise de manière efficace à l'échelle des universités, reste à faire dialoguer ces opérateurs au niveau territorial avec les acteurs à l'échelle nationale, en particulier pour l'accès aux ressources numériques et la constitution d'archives ouvertes, domaines dans lesquels plusieurs initiatives coexistent sans toujours converger. "Nous avons besoin de dispositifs nationaux mais appuyés à des sites locaux puissants", a résumé Jean-Yves Mérindol, ancien président de la Comue (Communauté d'universités et établissements) Sorbonne Paris Cité.

500 000 euros pour les éditeurs français

Alain Abécassis, chef du service de la coordination des stratégies de l'enseignement supérieur et de la recherche au ministère de l'Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche (MENESR), a livré pour la première fois les détails du dispositif d'aide annoncé par le ministère en direction des éditeurs français pour accélérer le développement des archives ouvertes.

Le principal volet de cette action est l'attribution d'une enveloppe de 500 000 euros qui serviront de bonification pour les éditeurs ayant négocié un contrat avec le consortium Couperin pour l'accès à leurs ressources en ligne. "Cette mesure a été un élément clé pour faire accepter aux éditeurs les dispositions en faveur de la fouille de texte et des archives ouvertes de la Loi pour une République numérique, a révélé Alain Abécassis. Elle prouve que le ministère n'oublie pas les préoccupations de éditeurs".

Le dipositif prévoit également une enveloppe pour soutenir  la traduction d'ouvrages scientifiques, mission pour laquelle le CNRS et le Centre national du livre fournissent déjà une aide. Michel Abecassis a également annoncé la création d'ici à la fin de l'année, d'un comité de suivi de l'édition scientifique. Il sera composé de chercheurs, de responsables d'éditions publiques, d'éditeurs commerciaux, de directeurs de bibliothèques universitaires, et sera présidé par Daniel Renoult, ancien doyen de l'Inspection générale des bibliothèque de 2006 à 2010. Ce comité sera chargé d'examiner tous les aspects de l'édition scientifique et technique – les licences nationales, la production éditoriale, les dispositifs d'aide à la traduction, et de formuler des recommandations sur l'utilisation de l'enveloppe budgétaire du ministère.

"L'information scientifique et technique est un élément fort de la plus value qu'apporte la fusion des universités, s'est réjoui en conclusion Christophe Péralès, président de l'ADBU. Même si beaucoup a été fait, il reste encore une articulation à trouver entre les opérateurs locaux et les opérateurs nationaux. Aujourd'hui, le chercheur doit consulter plusieurs portails pour accéder à l'ensemble de l'information scientifique et technique".

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