Le jour d'après

Muriel Beyer : "un nouvel équilibre"

Muriel Beyer, directrice générale adjointe d'Humensis et fondatrice des éditions de l'Observatoire, le 14 mai, à Paris - Photo DR.

Muriel Beyer : "un nouvel équilibre"

Vingt-et-unième et dernier épisode du feuilleton de Livres Hebdo "Le jour d'après"rédigé à tour de rôle par différents professionnels du livre. Aujourd'hui, Muriel Beyer, directrice générale adjointe d'Humensis et fondatrice des éditions de l'Observatoire.

Par Fabrice Piault,
Créé le 20.05.2020 à 18h00,
Mis à jour le 20.05.2020 à 20h32

« A l'heure où j'écris ces lignes, les libraires ont ouvert leurs portes. Nous espérons voir le bout du tunnel. Les longues files devant les librairies nous donnent le moral. Le débat entre ceux qui croit que le monde d'avant est fini et ceux qui pensent que rien ne changera fondamentalement est posé.

Il est toujours utile de se retourner et de revoir ce qu'on a fait quand notre monde s'est arrêté. Tout d'abord une activité intense : rassurer tous les collaborateurs, mettre en place les modalités de travail, annoncer le chômage partiel, et bien sûr appeler tous les auteurs, ceux dont les livres venaient de sortir et ceux dont les ouvrages étaient reportés. Bref, une sorte d’agitation curieuse.

Et après, il faut maintenir le lien à tout prix. Imaginons un monde sans la technologie, sans les vidéos conférences, les mails... Petit message pour ceux qui ont peur du progrès ! Ce monde curieux d'isolement physique n'est pas un vrai isolement, il est différent.

Pas tout à fait comme avant

Deux mots ont guidé mon action tout au long de cette période : adaptabilité et innovation. Pour maintenir ce lien avec nos auteurs, pourquoi ne pas créer une collection de courts textes numériques sur ce monde d'après. Tous dans leur spécialité ont répondu présents : scientifiques, économistes, philosophes, sociologues. Une vraie communauté d'auteurs, rejoints par de nouveaux, et cela m'a confortée. C'était vraiment cet esprit que je souhaitais quand j'ai créé ma maison d'édition.

Cet arrêt a donc eu quelques vertus... pour peu qu'on en sorte vite ! Mais tout le monde dans les maisons d'édition que je dirige, l'Observatoire, les Équateurs avec Olivier Frébourg, Passes composés avec Nicolas Gras Payen, Humensciences avec Olivia Recasens, sait que l'adaptabilité est de mise. Non, nous ne travaillerons sûrement pas tout à fait comme avant. On se retrouvera en réunion, oui mais avec la distance nécessaire dans une grande salle. Les rendez vous avec les auteurs seront-ils aussi spontanés avec un mètre de distance ? Pour les présentations commerciales, favoriserons-nous les vidéos, les vidéo-conférences ? Échangerons nous autour d'un verre ? Et enfin, le télétravail qui a montré qu'on pouvait continuer sans trop de dégâts dans nos professions va-t-il se développer ? En conséquence directe, nos bureaux vont ils changer de physionomie ?

Sans perdre notre âme

Beaucoup d'incertitudes encore. Je crois que, selon le principe d'adaptabilité, sans perdre notre âme, il faudra un équilibre entre ces nouvelles contraintes et le cœur de nos métiers basé sur l'échange, la découverte, l'imagination et... le plaisir. Mais ce qui reste intangible, c'est le bonheur de travailler sur la rentrée littéraire avec Dana Burlac, de parler lancements avec mon service de presse et de mettre au point les réunions commerciales, même nouvelle formule, distanciation oblige. Ce qui ne changera pas, c'est la passion. »

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