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Mort de David Hockney : le peintre britannique en 11 livres

David Hockney - Photo Photo AFP Thomas Coex

Mort de David Hockney : le peintre britannique en 11 livres

Figure du pop art, le peintre britannique David Hockney est mort à 88 ans à Londres, laissant une œuvre marquée par la couleur et l’innovation. À cette occasion Livres Hebdo propose une sélection de 11 ouvrages pour plonger dans la vie et l’univers de l’artiste.

Par Louise Ageorges
avec AFP Créé le 12.06.2026 à 17h37

Artiste parmi les plus influents des XXe et XXIe siècles, David Hockney, décédé jeudi à Londres à l’âge de 88 ans, laisse une œuvre gigantesque et vibrante de couleurs, des paysages verdoyants de son Angleterre natale aux piscines turquoise de Californie.

Figure du pop art des années 1960, le Britannique s’est illustré par sa capacité à se renouveler, maîtrisant les techniques académiques avant de s’emparer des nouvelles technologies, avec ses œuvres à l’ipad, réalisées à 70 ans passés.

Une inventivité exceptionnelle au cœur de la plus grande exposition à lui être consacrée, en 2025 à la Fondation Louis Vuitton à Paris, dans laquelle David Hockney s’était beaucoup impliqué.

Rieur et malicieux derrière ses célèbres lunettes rondes, ce « fumeur heureux » allergique aux « donneurs de leçons » s’émerveillait en avril 2025 d’avoir pu inaugurer l’événement, malgré des problèmes de santé.

Ses œuvres emblématiques, avec leurs couleurs audacieuses et une perspective originale, sont entrées dans la culture populaire, comme A Bigger Splash (1967), éclaboussure dans une piscine d’une villa californienne baignée de soleil, symbole de plaisir et de sensualité.

Un artiste au sommet du marché de l'art

Il était l’un des artistes les plus cotés. Adjugée 90,3 millions de dollars en 2018 à New York, l’une de ses toiles, Portrait of an Artist (Pool with two figures), est devenue à l’époque l’œuvre d’un artiste vivant la plus chère vendue aux enchères, détrônée depuis par le lapin du sculpteur américain Jeff Koons.

Né le 9 juillet 1937 à Bradford (nord-est) au sein d’une famille modeste, David Hockney a dû affronter les préjugés de l’Angleterre d’après-guerre, réalisant très tôt qu’il était homosexuel et voulait être artiste.

Objecteur de conscience, comme son père avant lui, le jeune homme fait son service militaire comme infirmier avant d’intégrer le prestigieux London’s Royal College of Art en 1959.

Sa peinture Doll Boy, une référence à son attirance pour le chanteur pop Cliff Richard, frappe l’attention du marchand d’art John Kasmin.

« Je lui ai envoyé une lettre au Royal College of Art, où il étudiait, pour l’inviter à prendre le thé », se souvenait John Kasmin en 2013. « Il avait des cheveux noirs coupés en brosse, des lunettes de la Sécurité sociale, était terriblement timide et très pauvre. »

Peu après son diplôme, David Hockney expose pour la première fois seul dans la galerie de John Kasmin et commence à se faire un nom dans le monde de l’art.

La Californie, la célébrité et les piscines

Il s’installe en Californie en 1964 et se met à peindre les paysages vifs et lumineux qui le propulsent comme l’une des figures du pop art, notamment grâce à sa série de peintures de piscines.

À la fin des années 60, « il n’y avait plus aucune trace de timidité en lui », s’amusait John Kasmin. « C’était déjà une star, voyageant à travers le monde, frayant avec la haute société et séjournant dans de grands hôtels. »

S’il fréquente assidûment la jet-set, David Hockney n’est pas un « fêtard ». « Je me fiche qu’on me voie comme ça, mais, en fait, je suis un travailleur. Un artiste peut être favorable à l’hédonisme, mais il ne peut être lui-même un hédoniste », disait le peintre au Guardian en 2015.

David Hockney voyage entre le sud de la France, le Maroc, Londres, New York et Los Angeles. Il peint les portraits de ses amis designers, danseurs et artistes, mais aussi de sa famille et de ses amants, souvent représentés dans des situations de la vie quotidienne.

En plus de la peinture et des dessins, Hockney réalise des décors de théâtre et des gravures. Dans les années 80, il s’essaie à la photographie. Trouvant son point de vue trop étroit, cyclopéen, il réalise des montages de centaines de pièces différentes qui reconstituent une image, avec une vision latérale et périphérique.

Le retour aux paysages du Yorkshire

Pendant la décennie suivante, David Hockney retourne régulièrement dans son Yorkshire natal auprès de sa mère âgée. Ses visites se faisant plus longues, il se met à peindre la campagne environnante, se réinventant en peintre paysagiste. Ses tableaux rappellent parfois le fauvisme, Paul Cézanne et Vincent Van Gogh.

Friand de nouvelles technologies, il a utilisé le Polaroid et la vidéo, avant d’adopter l’ipad. Ses œuvres créées grâce à la tablette ont fait l’objet de plusieurs expositions.

« La nature est source de tout ! Ma joie ? Elle vient de la façon dont je regarde le monde », confiait-il à l’AFP en 2021.

Il disait aussi ne peindre que les personnes qu’il connaissait bien. C’était la principale raison pour laquelle il avait refusé à plusieurs reprises de réaliser le portrait de la défunte reine Élizabeth II, expliquait-il au Times.

Outre ses emblématiques lunettes, ce dandy anglais était souvent coiffé d’une casquette et se distinguait par son sens du style, injectant des touches de couleurs vives dans les pièces classiques du vestiaire masculin.

David Hockney est devenu sourd à partir de la quarantaine, un handicap hérité de son père, et avait été victime d’un petit AVC en 2012. Il s’était installé en 2019 en Normandie, avant de revenir vivre à Londres en juillet 2023.

 

Bibliographie :

  • Vie de David Hockney, de Catherine Cusset (Gallimard), paru le 11 janvier 2018. La vie de l'artiste contemporain, de sa découverte des États-Unis à 24 ans et ses peintures de la Californie jusqu'à ses années de vieillesse en Angleterre en passant par ses conflits avec les milieux de l'art, ses chagrins d'amour et son désir de liberté. Prix Anaïs Nin 2018. 

 

  • My window, de David Hockney (Taschen), paru le 4 avril 2025 : Le peintre anglais propose un recueil des dessins de la vue de sa fenêtre, dans sa maison du Yorkshire, réalisés à différents moments de la journée et de l'année pour rendre compte du passage des saisons.
     
  • 220 for 2020, de David Hockney (Taschen), paru le 28 mars 2025 : Confiné dans une petite ferme de la campagne normande durant l'année 2020, David Hockney observe le passage des saisons et retranscrit ses impressions sur son iPad, selon le procédé spécial de l'hexachromie, des premiers bourgeons du printemps aux silhouettes noires des branches en hiver.
     
  • David Hockney : l'arrivée du printemps, Normandie, 2020, catalogue de l’Exposition (Royal academy of arts), paru le 22 avril 2021 : Sélection de 116 œuvres célébrant le printemps, que l'artiste britannique a réalisées sur son iPad en pleine pandémie de Covid-19.
     
  • Le monde selon David Hockney, de David Hockney (Thames & Hudson), paru le 19 septembre 2024 : Extraits des meilleures réparties et citations issues d'un entretien réalisé en 1995, dans lequel le peintre anglais évoque son enfance à Bradford, son amour de la Californie, son art, l'amour, l'inspiration, la nature, la photographie, la technologie, entre autres. Ils sont accompagnés de 39 dessins de l'artiste.
     
  • Savoirs secrets : les techniques perdues des maîtres anciens, de David Hockney (Thames & Hudson), paru le 10 décembre 2021 : Le peintre David Hockney s'attache ici à mettre au jour les techniques picturales de peintres tels que Le Caravage, Vélasquez, Van Eyck, Holbein, de Vinci et Ingres, consistant par exemple à utiliser miroirs et lentilles dans la création artistique.
     
  • Conversations avec David Hockney, de David Hockney et Martin Gayford (Seuil), paru le 28 octobre 2021 : Une décennie de conversations entre David Hockney et le critique d'art Martin Gayford. Les idées, les anecdotes, les passions et l'humour du peintre présentent son point de vue sur les problématiques et les paradoxes de la représentation d'un monde en trois dimensions sur une surface plane. Le propos est ponctué d'observations sur nombre d'autres artistes comme Van Gogh, Vermeer, Le Caravage ou Monet.
     
  • On ne reporte pas le printemps : David Hockney en Normandie, de David Hockney et Martin Gayford (Seuil), paru le 28 octobre 2021 : Une célébration de la capacité de l'art à distraire et à inspirer, fondée sur des conversations et correspondances inédites entre l'artiste et le critique d'art. L'ouvrage est illustré d'une sélection de dessins et de peintures inédits, en lien avec les œuvres de Van Gogh, de Monet ou encore de Bruegel.
     
  • David Hockney : une chronologie (Taschen), paru le 5 octobre 2021 : Un panorama de l'œuvre du peintre britannique sur six décennies, retraçant son évolution stylistique et mettant en lumière sa capacité à se réinventer, depuis sa formation à l'école d'art jusqu'à ses dessins sur iPad et ses paysages peints en passant par sa grande série de portraits. Avec une chronologie détaillée de sa vie et les propres réflexions de l'artiste sur l'art.
     
  • Une histoire des images : de la grotte à l'écran d'ordinateur, de David Hockney et Martin Gayford (Thames & Hudson), paru le 20 septembre 2021 : Une approche transversale et non séquentielle de l'histoire des images appréhendée par l'artiste et le critique d'art britanniques. Elle interroge le contenu et la fidélité au réel des images, depuis l'art le plus ancien, au travers de passerelles inattendues entre disciplines, de l'animation Disney à l'estampe japonaise, de la peinture de Velasquez au cinéma d'Eisenstein.
     
  • Une éducation artistique, de David Hockney, paru le 28 mai 1999 : David Hockney raconte sa passion de la peinture, née quand il était très jeune et qu'il regardait son père repeindre de vieilles bicyclettes. Un texte frais, vivant et passionné.

 

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