Édito par Fabrice Piault, rédacteur en chef

Photo PHOTO OLIVIER DION

Par la participation annoncée - plus de 700 professionnels, dont plus de 500 libraires -, les 3es Rencontres nationales de la librairie s’annoncent, dimanche et lundi à Lille, au moins au niveau des précédentes. Par leur contenu, elles pourraient marquer une nouvelle étape dans l’histoire de la librairie française. En 2011 à Lyon, les premières rencontres avaient servi de réceptacle - certains ont dit de défouloir - aux multiples colères et frustrations de professionnels souvent étranglés par des marges trop faibles. Deux ans plus tard à Bordeaux, alors que plusieurs diffuseurs avaient entre-temps révisé leurs conditions commerciales en faveur des libraires, le lancement du plan d’Aurélie Filippetti avait redonné de l’espoir à ces derniers. Les RNL de Lille interviennent alors qu’ils en récoltent les premiers fruits.

Reste à profiter de cet appel d’air pour se redéployer. C’est l’objet des Rencontres de Lille que de se recentrer sur les outils et les pratiques concrètes. L’émergence d’une nouvelle génération de libraires, l’amélioration du marché, comme la meilleure compréhension par le public des apports spécifiques des libraires indépendants par rapport à ceux de la grande distribution ou de la librairie en ligne, y invitent. La librairie française a aussi l’avantage d’un réseau qui demeure dense et diversifié. En revanche, dans le domaine du marketing, individuel ou collectif, et de la mutualisation, elle conserve un retard certain.

A la manière d’un mouvement militant, les librairies américaines ont réussi à fédérer leur clientèle autour du slogan "buy local" ("achetez local"), et à lui proposer un très large éventail de services. Les librairies québécoises sont parvenues à faire de leur indépendance un étendard collectif qu’accompagnent sites de vente en ligne, magazines et matériels promotionnels. En France, la librairie reste traumatisée par l’échec retentissant de sa plateforme commune de commerce en ligne 1001libraires.com. Mais, trois ans après, il lui est peut-être possible de tourner la page. A une plus petite échelle, les libraires spécialisés BD ont réussi à enclencher une dynamique derrière Canal BD. Des expériences locales se développent autour de Librest ou de Paris Librairies. Il est possible d’écrire collectivement une nouvelle page.

19.06 2015

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