Dès le samedi matin, la file d’attente sous le soleil déjà chaud de la place des Terreaux était un signe : le Lyon BD Festival a retrouvé un certain attrait pour son édition 2026, avec une affluence en hausse par rapport à l’an dernier – 4 500 personnes le samedi, et un total espéré à 10 000 sur le week-end, événements extérieurs compris (concerts, rencontres…). « Pour les spectacles et les projections, on était dans le flou jusqu’à la dernière minute car les réservations étaient timides, explique la directrice Herminée Nurpetlian. Mais les gens viennent au dernier moment, en masse parfois, et les objectifs sont atteints. Avec de beaux succès comme le concert dessiné inaugural ou la projection du dessin animé Jim Queen. »
La directrice artistique Iris Munsch se réjouit des bonnes ondes qui flottaient à l’Hôtel de ville, qui accueillait les expositions et les stands. « Pas un seul exposant ne m’a fait un retour négatif, et c’est sans doute la première fois ! L’exposition dédiée à Zep a été très remarquée, et l’ambiance générale, malgré la chaleur, était très positive. » Toutefois, la question de pérenniser ce lieu demeure : central et mis à disposition par la Ville, principal financeur public, il se révèle un peu étriqué pour absorber des stands nombreux et des files de dédicaces parfois denses.
Un meilleur samedi qu’en 2025
En effet, à l’heure où le secteur de la bande dessinée souffre, la tendance semblait plutôt encourageante dans les espaces de vente. Que ce soit sur la librairie dédiée aux auteurs invités (gérée par la librairie La BD, qui aurait fait un meilleur samedi qu’en 2025), celles représentant des éditeurs (Rue de Sèvres par BD Oullins, Bayard par Momie, Sarbacane par L’Astragale…) ou directement par les éditeurs (les locaux Tanibis ou Maison Georges, le Strasbourgeois 2042…), les flux ont été corrects.
Herminée Nurpetlian, directrice de Lyon BD, ouvre l'édition 2026.- Photo TIM DOUETPour télécharger ce document, vous devez d'abord acheter l'article correspondant.
Ces signaux enfin au vert permettent à Lyon BD d’envisager l’avenir un peu plus sereinement, après des années compliquées. « L’arrivée d’Herminée Nurpetlian, qui a pris en charge les questions budgétaires, m’a permis de me concentrer sur la programmation. Je retiens aussi la soirée réservée aux autrices et auteurs, qui est un moment précieux », confie Iris Munsch. La directrice abonde : « Nous avons montré cette année que Lyon BD peut tisser des partenariats féconds, comme la programmation du concert de piano autour de l’album Soli Deo Gloria avec l’Opéra, et ainsi jouer son rôle de porteur de projet inédit. Il faut maintenant essayer de proposer des choses toute l’année. » Interventions dans les écoles, résidences, collaborations avec les bibliothèques, projets internationaux… Les ambitions existent mais devront se confronter à un contexte financier tendu.
Deux prix valent mieux qu’un
Fort d’une première édition réussie avec un millier de jeunes lecteurs votants, le développement du prix Jeunesse Lyon BD, avec les médiathèques du territoire, apparaît comme une priorité. Remis cette année à Mi-Mouche de Véro Cazot et Carole Maurel (Dupuis), il vient en complément du prix Lyon BD, décerné à Rouge Signal de Laurie Agusti (2042), qui devrait être honoré d’une exposition l’an prochain.
L'édition 2027 s'annonce très attendue, après le succès de celle qui vient de s’achever et pourrait ressembler à l’an 1 d’un nouveau cycle, malgré un contexte délicat pour l'ensemble des festivals BD dans l'Hexagone.

