Récit/France 19 août Eloïse Lièvre

C'est un livre étrange. Tout à la fois d'amour, de rupture, de désirs et de reconquête d'un temps, d'une « chambre à soi ». La chambre de Notre dernière sauvagerie, le nouveau livre d'Éloïse Lièvre, fut, si l'on ose écrire, d'abord conjugale et désormais photographique. Son héroïne passe d'une vie éclatée, un divorce, des enfants en commun à un moment qui pour elle devient ou redevient d'abord celui du livre.

Là voilà, embarquée dans des errances ferroviaires ou métropolitaines à photographier sans cesse toute sorte d'inconnus n'ayant en commun que de lire, en public et seuls à la fois. Qu'est-ce qui la pousse à ce geste à la fois intrusif et délicat si ce n'est de replacer la littérature précisément là où elle doit être : au centre de la vie ? Allant jusqu'à écrire en une puissante évocation reliant hier et aujourd'hui, « Ce que je désirais dans ma vingtaine (...) et que d'une certaine manière je désire encore, c'est cette intensité de vie qui est le privilège des êtres humains dans les livres. »

Éloïse Lièvre furète ainsi avec une vraie grâce en une forme parfaitement impure, mêlant réflexion, souvenirs et récits de ses aventures de voleuse d'image. Passé perdu, livres ouverts et temps retrouvé.

Eloïse Lièvre
Notre dernière sauvagerie
Fayard
Tirage: 1 500 ex.
Prix: 19 euros ; 320 p.
ISBN: 9782213716985

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