Livre Paris, une arène de choix pour la classe politique | Livres Hebdo

Par Marine Durand, Agathe Auproux, le 20.03.2016 à 21h45 (mis à jour le 21.03.2016 à 13h04) Manifestation

Livre Paris, une arène de choix pour la classe politique

Le Premier ministre Manuel Valls a arppenté les allées du salon le samedi 19 mars. - Photo OLIVIER DION

De François Hollande et Audrey Azoulay mercredi soir à Manuel Valls samedi, la manifestation a fait le plein de membres du gouvernement, tandis que plusieurs ténors de la droite, François Fillon, Alain Juppé ou Nathalie Kosciusko-Morizet en tête, se sont succédés en séance de dédicaces. Seul absent : Nicolas Sarkozy qui a fait planer le doute sur sa venue tout le week-end.

Manifestation généralement prisée de ceux qui nous gouvernent, Livre Paris a tenu toutes ses promesses en cette période pré-électorale. Entre membres du gouvernement en représentation et leaders de droite venus défendre leur livre-programme, toute la classe politique s'est retrouvée au salon, entre le 16 et le 20 mars dans les allées du Parc des expositions.

Le gouvernement se montre

François Hollande et Audrey Azoulay ont ouvert le bal mercredi soir, lors de l'inauguration de Livre Paris. De 18h30 à 20h30, le président de la République et la ministre de la Culture et de la Communication ont navigué de stand en stand, guidés par le président du Syndicat national de l'Edition (SNE), Vincent Montagne, s'arrêtant notamment pour saluer les éditeurs algériens et tunisiens. Emmanuel Macron a pris le relais dès jeudi soir, au cours d'une nocturne qualifiée de "désertique" par plusieurs éditeurs. Le manque d'affluence n'a pas empêché le ministre de l'Economie de profiter de sa visite, au cours de laquelle il a notamment salué Amélie Nothomb, pris la pose aux côtés d'Antoine Gallimard et serré chaleureusement la main de Jean Lasalle, député Modem des Pyrénées-Atlantiques et candidat à la présidentielle 2017, en dédicace jeudi soir.
 
Vendredi aux alentours 16h, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est à son tour rendu au salon, lui aussi accompagné d'Audrey Azoulay. Elle s'est immédiatement rendue sur le stand de son ministère, pensé cette année autour du thème de l'accessibilité à la lecture, avant de passer sur le stand du pays à l'honneur, la Corée du Sud, et sur celui des deux villes congolaises invitées, Brazzaville et Pointe-Noire. De son côté, Jean-Yves Le Drian s'est d'abord arrêté chez Gallimard, puis chez les éditeurs bretons et chez Perrin, avant de finir sa visite sur le stand du Ministère de la Défense, pour le lancement du beau livre L'hôtel des invalides (éditions de l'Esplanade en partenariat avec le ministère). "La promotion de la culture fait partie intégrante de la défense du territoire", a affirmé le ministre devant les représentant de l'armée de terre, de l'armée de l'air et de la marine nationale.

Le samedi, l'attraction politique résidait dans la visite de Manuel Valls, qui est resté plus de deux heures dans les allées de Livre Paris en compagnie d'Audrey Azoulay, pour le troisième jour du salon. Accueilli par une brochette de journalistes télé, le Premier ministre a déambulé dans le salon parmi la foule, accompagné d'une tribu grossissante de curieux. "Il y a plus de monde que pour Hollande, non ?", s'interrogeaient les badauds. Manuel Valls, qui a croisé Michel Sapin son ministre des Finances, en dédicace de son essai Sauvons l'Europe sur le stand des éditions Nouveaux débats publics, a aussi discuté quelques instants avec l'acteur Fabrice Luchini, présent sur le stand de Madrigall pour son ouvrage Comédie française : ça a débuté comme ça, paru chez Flammarion le 2 mars, avant de s'arrêter longuement sur le stand du Centre national du livre. Enfin, Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, a foulé les allées de Livre Paris dimanche matin, en toute discrétion et à titre privé, comme à son habitude.

La droite en campagne

Loin de laisser le champ libre aux ministres du gouvernement, les leaders de la droite et leurs séances de dédicaces ont aussi rythmé le week-end de Livre Paris. Dès vendredi soir, dans un salon pourtant clairsemé, Bruno Le Maire s'est posté sur le stand d'Albin Michel pour Ne vous résignez pas, entré dans le Top 20 des meilleures ventes la semaine du 22 au 28 février. En signatures pour une heure, le candidat à la primaire a pris du temps pour répondre aux questions, se prêtant volontiers au jeu des selfies. Reçu premier à l'agrégation de lettres modernes en 1992, il a avoué "qu'il ne se destinait pas du tout à la politique et aurait aimé être prof de lettres", mais qu'après tout "la vie politique ressemblait à une vie romanesque".

Le lendemain, trois autres candidats à la primaire ont dédicacé leur livre au salon. La folie du samedi sur le pavillon 1 du Parc des expositions a rendu l'exercice plus périlleux pour Alain Juppé, François Fillon et Jean-François Copé, entourés de groupies, de chaînes de télé et de visiteurs prêts à tout pour passer devant une caméra ou avoir eux une photo "de célébrité" dans leur téléphone. Alain Juppé était sur le stand Lattès aux alentours de 15h45, après une courte visite du salon, pour dédicacer Pour un état fort. François Fillon était ensuite chez Albin Michel pour Faire à 17h30, alors que Jean-François Copé commençait ses signatures une demi-heure plus tard, chez Stock, pour Le sursaut français. Tous ont attiré le même nombre de journalistes et la même foule curieuse. Si du côté d'Albin Michel et Lattès on assurait que les champions maisons avaient réalisé "de bonnes ventes", le réalisme était de mise chez Stock, où Jean-François Copé n'a pas dépassé la quinzaine d'exemplaires vendus.

Un absent, Nicolas Sarkozy

Enfin, seule femme dans la course de la primaire à droite et dernière à venir en dédicace, Nathalie Kosciusko-Morizet est arrivée dimanche, peu après 16h, sur le stand Albin Michel pour dédicacer Nous avons changé de monde à des fans nombreux et patients. Nicolas Sarkozy, qui a publié chez Plon La France pour la vie en janvier, ne s'est finalement pas montré en dédicace ni en visite officielle, comme cela avait été un temps envisagé.
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