Les revenus de Lagardère Publishing (Hachette) baissent de 8% au 1er semestre | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 30.07.2020 à 18h50 (mis à jour le 30.07.2020 à 19h59) résultats

Les revenus de Lagardère Publishing (Hachette) baissent de 8% au 1er semestre

Siege Hachette Livre 58 rue Jean Bleuzen 92170 Vanves - Siege Hachette Livre - Siege Hachette Livre - Photo OLIVIER DION

La filiale éditoriale du groupe Lagardère, qui détient le groupe Hachette Livre, a réalisé un chiffre d’affaires de 971 millions d’euros sur les six premiers mois de l’année.

Le chiffre d’affaires de Lagardère Publishing, soit le groupe Hachette Livre, filiale du conglomérat tenu par Arnaud Lagardère, s’établissait à 971 millions d’euros au premier semestre 2020, en repli de 8% par rapport à l’année précédente. Le résultat opérationnel courant était positif, à 27 millions d’euros, en légère baisse par rapport à 2019 (36 millions d’euros).
 
La branche éditoriale se montre ainsi plus résiliente que la maison mère, dont le chiffre d’affaires reculait de 38% à la même période pour s’établir à 2,08 milliards d’euros. Le résultat net du groupe plongeait dans le négatif, à -481 millions d’euros, contre un bilan positif de 52 millions d’euros en 2019.
 
Les mauvaises performances, liées à l’arrêt quasi-total des trafics aérien et ferroviaire, de la filiale Travel Retail (restaurations et services dans les gares et aéroports), ont lourdement pesé sur les revenus engrangés ces derniers mois. Son chiffre d’affaires chute de 55% au premier semestre, pour s'établir à 947 millions d'euros.
 
Les best-sellers assurent l'essentiel
 
Le repli de Lagardère Publishing, lié à la fermeture des commerces, s’est concentré sur les mois d’avril et mai. Les revenus sont nettement repartis à la hausse au mois de juin, avec une augmentation du chiffre d’affaires de 21% par rapport à juin 2019. La perte de revenus au deuxième trimestre s’élève tout de même à 12,2% par rapport à l’an dernier. "Cette baisse limitée souligne la solidité de notre modèle et la pertinence de nos choix stratégiques", note le groupe.
 
En France, la branche enregistre une baisse de ses revenus de 14,7% à la fin juin, en raison de la fermeture des librairies du 17 mars au 11 mai. "Les éditeurs d’illustrés ont été plus durement touchés, en particulier sur les segments tourisme, pratique et beaux livres, [tandis­] que les éditeurs de littérature ont mieux résisté, grâce aux bonnes performances du Livre de Poche et à un mois de juin historique", relève le groupe Lagardère. Les best-sellers de Guillaume Musso, Virginie Grimaldi ou encore Aurélie Valognes ont séduit les vacanciers en partance, comme le montre notre classement des meilleures ventes.
 
Le numérique absorbe l'impact
 
Au global, les analystes de Lagardère estiment que le modèle de diversification de la filiale éditoriale a permis de limiter la casse. Le développement à l’international de ses marques d’édition a fait bénéficier l’entreprise des revenus tirés des pays anglo-saxons, où les mesures de confinement ont moins affecté l’activité, "en raison du poids du numérique et du e-commerce dans ces pays". De fait, les chiffres d’affaires réalisés au Royaume-Uni (-2,9%) et aux Etats-Unis (-1%) sont en léger recul, voire stable, compte tenu du contexte économique du deuxième trimestre.
 
En Espagne et en Amérique latine, les revenus sont en baisse de 5,2% au premier semestre par rapport à l’an dernier. La chute des ventes due aux mesures de confinement a été atténuée par "une campagne scolaire qui a démarré plus tôt que l’an dernier" dans la Péninsule.
 
Conséquence de la fermeture des librairies, le poids du livre numérique et du livre audio numérique dans le chiffre d’affaires total de Lagardère Publishing a augmenté au premier semestre, pour s’établir respectivement à 10,6% (+2,4%) et 5,3% (+1,9%).

"Au second semestre 2020, l’environnement de consommation reste incertain", note enfin Lagardère dans ses perspectives pour la fin d'année. Le groupe anticipe d'ailleurs une baisse de l’activité de sa filiale éditoriale par rapport au second semestre 2019, "du fait de l’absence de sortie d’un album Astérix et d’un seul niveau de réforme du Lycée en France en 2020 contre 2 en 2019".
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