Les Français plus nombreux à Pékin | Livres Hebdo

Par Fabrice Piault, à Pékin, le 26.08.2018 à 20h13 (mis à jour le 27.08.2018 à 10h04) Chine

Les Français plus nombreux à Pékin

Le stand du Bureau international de l'édition française (Bief) à la 25e Foire internationale du livre de Pékin (BIBF) - Photo F.PIAULT/LH

Plus de 25 responsables de droits et agents de l’édition française, ainsi que la P-DG de Fayard, Sophie de Closets, se sont déplacés du 22 au 26 août à la 25e foire du livre de Pékin, où ils ont continué de conforter leurs positions sur le marché chinois.

Emmenés par le Bureau international de l’édition française (Bief), dont le stand de 90 m2 reste l’un des plus achalandés de la manifestation, plus de 25 responsables de droits et agents de l’édition française ont participé à la 25e Foire internationale du livre de Pékin, du 22 au 26 août, principalement dans les secteurs du livre pour la jeunesse, du livre illustré et pratique, de la bande dessinée et des sciences humaines, contre une moyenne de 15 à 20 les années précédentes.
 
Auzou disposait cette année encore de son propre stand, tout comme la société commune Hachette-Phoenix, qui a marqué la manifestation en lançant un blister hydrosoluble pour l'emballage des livres. Bayard était présent avec la co-entreprise Bayard Bridge sur le stand de son partenaire chinois.

Hausse constante des cessions

Les nombreux représentants des éditeurs français, parmi lesquels Hemma ou Casterman, Marabout, Eyrolles, Dunod ou Médiatoon (Média-Participations), se montrent très satisfaits de leur activité lors de la manifestation, qui reflète la hausse constante des cessions de droits français en Chine : 2366 titres l'an dernier, après 2121 en 2016, 1665 en 2015 et 1335 en 2014 (Source : Bief/SNE).

Anne Risaliti (Hatier, Didier Jeunesse) se réjouit de ce que "des projets [qu'elle] présente depuis deux ans et qui avaient surpris, voire fait rire, intéressent maintenant vraiment et se concrétisent". Morgane Le Goanvec (Fleurus) note que, après les inquiétudes de l'an dernier sur une réduction des achats de droits des éditeurs chinois, imposées par le gouvernement du pays, qui avaient conduit à l'annulation de deux des contrats qu'elle avait signés, "finalement on vend aujourd'hui autant, voire plus. La Chine est notre premier marché et notre participation à la Foire de Pékin nous a vraiment permis de développer notre activité et de renouveler nos interlocuteurs".

"Meilleure connaissance des pratiques"

A Pékin pour la première fois, pour développer les ventes du fonds et élargir son portefeuille de clients chinois, Julie Guénard (Seuil Jeunesse, De La Martinière Jeunesse) enregistre "une grosse demande pour la non-fiction scientifique et, dans les albums, pour de titres qui apprennent quelque chose. Nous avons un catalogue en anglais mais, il en faudrait un en chinois", précise-t-elle en se félicitant du "gros succès de celui du Bief". "Nos interlocuteurs savent toujours plus ce qu'ils veulent, renchérit Evelyne Lebourse (Larousse), qui participe tous les deux ans depuis plus de vingt ans à la foire où elle enchaîne les rendez-vous toutes les demi-heures pendant trois jours. Cette année, il y a une montée de la demande sur l'éducation bienveillante."

Jana Navratil Manent (livres illustrés Flammarion) rappelle que "le marché change extrêmement vite" et que les éditeurs chinois demandent "d'autant plus de temps pour que la confiance s'instaure : c'est une relation qui a besoin d'être nourrie de rencontres régulières". La régularité des contacts permet aussi une "meilleure connaissance des pratiques". "Alors que beaucoup d'éditeurs chinois ne voulaient pas payer de droits iconographiques pour les livres d'art, ils commencent à comprendre que c'est nécessaire", se félicite-t-elle. "Il est important de revenir pour ne pas perdre le contact", souligne aussi Julie Finidori (Albin Michel), qui enregistre une demande pour les sciences humaines de qualité.

Rentable

"On est dans une période de maturité de l'édition chinoise, constate Solène Demigneux, fondatrice en 2009 de Dakaï L'agence, qui travaille les titres français en Chine pour un très grands nombre d'éditeurs. Les éditeurs des deux pays se connaissent et connaissent leurs catalogues. Les Chinois prennent le temps de la réflexion sur les projets". "La bonne nouvelle, ajoute-t-elle, c'est qu'il y a un démarrage sur la bande dessinée, avec des gros contrats en négociation pour plusieurs maisons."

"En bande dessinée, nous sommes sur un marché en construction, les Chinois ont du mal à percevoir les dimensions du roman graphique, du documentaire en BD, de la BD pour la jeunesse, mais ma visite est déjà rentable", confirme Laurence Leclercq, directrice des droits du groupe Delcourt. "Il y a des opportunités sur certains sujets", observe Edmond Lee (Les Humanoïdes associés, mais aussi Aquiléos, Mosquito et La Boîte à bulles), qui a vendu les premiers titres d'une série de La Boîte à bulles : Toute l'éco en BD, Toute la socio en BD.

Mettre l'accent sur les sciences humaines

"Il faut vraiment venir sur place pour comprendre l'édition chinoise, souligne encore la P-DG de Fayard Sophie de Closets, seule patronne de maison présente, au côté de sa responsable des droits, Carole Saudejaud. Il est fascinant de voir la diversité des titres auxquels ils s'intéressent. Ils ont des catalogues très riches et leurs livres sont beaux techniquement".

De leur côté, intervenant dans le cadre d'un cocktail à l'Institut français de Pékin, le conseiller de coopération et d'action culturelle à l'ambassade de France, Robert Lacombe, et le directeur général du Bief, Nicolas Roche, ont tous deux manifesté leur volonté de mettre l'accent sur la présence des sciences humaines françaises en Chine.
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