Adaptation

Les apparences, ou la trahison assumée d'un polar suédois

Karin Viard dans Les apparences - Photo SND

Les apparences, ou la trahison assumée d'un polar suédois

Le film de Marc Fitoussi, avec Karin Viard, est une adaptation très libre d'un roman de Karin Alvtegen.

J’achète l’article 1.50 €

Par Vincy Thomas,
Créé le 22.09.2020 à 17h33,
Mis à jour le 22.09.2020 à 18h00

A l'origine, il y a un thriller suédois, Trahie (Plon, 2005 ; Points, 2007) de Karin Alvtegen. Les Apparences, qui sort en salles le 26 septembre, en est une adaptation très librement inspirée. D'une part, l'action est transposée de Stokholm à Vienne en Autriche, et, d'autre part, le destin des personnages n'a plus grand chose à voir avec le roman initial, qui se focalisait sur le jeune Jonas et Eva, dont le mariage avec Henrik flanche. L'aspect polar est atténué dans le film. Le réalisateur et adaptateur Marc Fitoussi a préféré faire le portrait cruel et cynique d'un couple de bourgeois qui se trahit dans l'infidélité, ne laissant rien paraître ni à l'extérieur ni à l'intérieur du couple.

Le film suit ainsi ce couple en vue, Ève (Karin Viard) et Henri (Benjamin Biolay), parents d’un petit Malo, qui ont tout l'air d'être heureux. Lui est le chef d’orchestre de l’Opéra, elle travaille à l’Institut français, responsable de la bibliothèque. Une vie apparemment sans fausse note, jusqu’au jour où Ève découvre que son époux la trompe avec l’institutrice (Laetitia Dosch) de leur fils. Chamboulée, elle sort en pleine nit et rencontre un jeune francophile, Jonas (Lucas Englander), qui va faire une fixation amoureuse sur elle...

"Ce que je trouvais problématique [dans le roman], c’est qu’aucun contexte n’expliquait le silence de l’épouse vis-à-vis de son mari ni son impossibilité de concevoir une séparation. D’où mon idée d’inventer ce milieu d’expats grand bourgeois, la profession prestigieuse du mari… Ce côté milieu de notables fermé revêtait un aspect chabrolien qui me plaisait. La bourgeoisie de province française a aujourd’hui un côté très daté, poussiéreux, et je trouvais que le milieu en vase clos le plus excitant et contemporain était une communauté d’expats" explique Marc Fitoussi (Maman a tort) pour justifier ses "trahisons" au roman.

Soulignons que le polar de Karin Alvtegen avait fait l'objet d'une adaptation en bande dessinée par Sylvain Runberg et Joan Urgell, parue en deux tomes chez Dargaud.
 





Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités