Quel est le point commun entre Meursault, Sylvie Vartan et le plus célèbre des irréductibles Gaulois ? Le 7e art. En effet, tous trois ont connu une nouvelle heure de gloire en 2025 grâce à des adaptations audiovisuelles - une reconnaissance que Livres Hebdo a choisi de saluer au sein des Trophées de l'édition.
La cérémonie récompensera désormais trois adaptations au lieu d'une : le trophée de l'adaptation contemporaine à l'écran, une autre dédiée aux adaptations patrimoniales à l'écran, basées sur les films ayant fait le plus d'entrées en 2025. Et une dernière pour les adaptations en série tenant compte des meilleures notes des spectateurs et de la presse sur le site de référence AlloCiné. Remportées respectivement, en cette première édition, par les films Dieu, ma mère et Sylvie Vartan de Ken Scott, L'étranger de François Ozon et la série animée Astérix et Obélix. Le combat des chefs d'Alain Chabat (Netflix).
Évolutions du secteur
Ce nouveau format colle de près aux évolutions du secteur, la pratique ayant décollé depuis l'apparition des plateformes. Une étude consacrée au sujet et pilotée par le CNL en association avec le CNC exposait ainsi que 14 % des productions françaises (mais 17 % des fictions hors documentaires) sorties entre 2015 et 2023 sont tirées de livres. Dans ce contexte, les initiatives dédiées se sont multipliées en France de la part des professionnels du livre, avec, en chef de file, la Société civile des éditeurs de langue française (Scelf), qui a déployé ses événements Shoot the Book ! dans davantage de festivals de cinéma et lancé une plateforme visant à faciliter les liens entre éditeurs et producteurs.
Astérix et Obélix. Le combat des chefs, L'étranger, et Dieu, ma mère et Sylvie Vartan de Ken Scott incarnent les différents chemins que peut prendre un livre à l'écran. Ainsi, François Ozon a choisi une démarche à mi-chemin entre la restitution fidèle et l'incorporation d'enjeux soulevés post-publication, comme la déshumanisation du personnage de l'Arabe à travers les yeux de Meursault. Dans un registre bien moins dramatique, le nouvel Astérix et Obélix est autant une adaptation de la bande dessinée qu'un ajout au « Cinematic Universe » (pastichons Marvel) du Gaulois.
Il est possible d'apprécier ce dernier autant, plus, ou séparément de la saga dessinée crée par Goscinny et Uderzo (éditions Albert René), son cinéma étant devenu une véritable sous-culture en son sein. Côté Dieu, ma mère et Sylvie Vartan, l'autobiographie best-seller de Roland Perez (sortie sous le même titre aux éditions Les Escales en 2021), on opte pour une sobriété conforme au genre dans lequel le récit s'insère, confirmant l'union des fois fusionnelles de l'écran et du papier. La vitalité de l'adaptation, en tout cas, n'est pas près de s'éteindre.