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L’écrivain Boualem Sansal condamné à cinq ans de prison en Algérie

Boualem Sansal. - Photo C. Hélie/Gallimard

L’écrivain Boualem Sansal condamné à cinq ans de prison en Algérie

Un tribunal en Algérie a condamné, jeudi 27 mars, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal à cinq ans de prison ferme.

Par Elodie Carreira
avec AFP Créé le 27.03.2025 à 10h44

L’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a été condamné, ce jeudi 27 mars, à cinq ans de prison ferme par un tribunal en Algérie. Une annonce qui intervient en pleine crise diplomatique entre Paris et Alger.

Souffrant d’un cancer, l’écrivain publié par Gallimard voit sa peine, requise par le Parquet le 20 mars dernier à l’issue d’un procès jugé « expéditif », divisée par deux. Détenu depuis le 16 novembre 2024, il est accusé par le pouvoir algérien d’atteinte à la sûreté de l’État, à l’intégrité du territoire et à la stabilité des institutions pour avoir repris à son compte, dans le média français d’extrême droite Frontières, la position du Maroc. Lequel estime que son territoire aurait été amputé au profit de l’Algérie, sous la colonisation française.

Tensions entre l'Algérie et la France

Par la suite, l’écrivain s’était vu inculpé d’un autre chef d’accusation, celui d’avoir « fourni des informations et des renseignements sensibles à caractère sécuritaire et économique » à l’ancien ambassadeur de France en Algérie, Xavier Driencourt.

En France, l’incarcération de Boualem Sansal a suscité de vives réactions, souvent inquiètes en l’absence de nouvelles de l’état de santé de l’auteur de 2084 : la fin du monde (Gallimard). Son éditeur Antoine Gallimard a organisé plusieurs points presse, mobilisant les acteurs du milieu littéraire. Convié à chaque rassemblement, l’avocat de l’écrivain, MeFrançois Zimeray, avait dénoncé à de nombreuses reprises « un traitement arbitraire, une détention abusive, dégradante, et psychologiquement dangereuse ». « Sansal est clairement l’otage de la relation en feu entre l’Algérie et la France », avait-il commenté le 11 mars dernier.

À la veille des 130 jours de détention de Boualem Sansal, son comité de soutien avait appelé, dans les pages de la La Tribune Dimanche, à un rassemblement, mardi 25 mars. Ce dernier s'est bel et bien tenu place Édouard-Herriot à Paris, réunissant, à la tribune, pas moins de 90 orateurs d'après Le Point. Parmi ces derniers, ont notamment défilé Gérard Larcher, président du Sénat, Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur, Gabriel Attal, ancien Premier ministre, mais aussi Kamel Bencheikh, écrivain et ami de Boualem Sansal ou encore le dessinateur de presse algérien Ghilas Aïnouche.

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