Le ministère des Armées prêt à enrôler des auteurs SF | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 16.07.2019 à 15h31 (mis à jour le 16.07.2019 à 16h00) Innovation

Le ministère des Armées prêt à enrôler des auteurs SF

Pour imaginer des hypothèses stratégiques qui bouleverseraient les scénarios de menaces déjà établis, le ministère des Armées veut composer une cellule où auteurs de science-fiction et futurologues sont invités à participer.

Page 22 d'un document a priori très étranger du secteur du livre, Florence Parly, ministre des Armées, invite des futurologues et des auteurs de science-fiction pour "imaginer au-delà", afin de nourir les scénarios futurs, d'innover et de transformer la culture du ministère.

"Imaginer au-delà, document d'orientation de l'innovation de défense 2019-2025", publié le 10 juillet, fixe "les objectifs essentiels et  les principaux enjeux du ministère des Armées en matière d’innovation, et ce, quel que soit son champ d’application : capacitaire, soutien, santé, administratif… Il précise les leviers de transformation à mettre en œuvre ainsi que les défis d’agilité et d’audace qu’il convient de relever."

Dans ce cadre, le ministère veut créer une "red team" (le document est envahit d'expressions anglaises) de futurologues et d'auteurs de science-fiction, "soit une cellule de 4 à 5 personnes, chargée de proposer des scénarios de disruption. L’objectif est d’orienter les efforts d’innovation en imaginant et en réfléchissant à des solutions permettant de se doter de capacités disruptives ou de s’en prémunir." Précisant: "Cette cellule sera mise en place par l’Agence Innovation Défense et la DGRIS, et sera composée de prospectivistes et auteurs de science-fiction."

Disruption

"Le travail de cette cellule sera d’échafauder des hypothèses stratégiques valides, c'est-à-dire de nature à bouleverser les plans capacitaires" explique le document.

La cellule devra fournir des éléments de prospective disruptive qui peuvent aider à réfléchir aux conséquences stratégiques de l’arrivée de «
technologies disruptives » et les usages asymétriques possibles des technologies (Intelligence Artificielle) par des éléments malveillants étatiques ou non étatiques qui arrivent à maturité, notamment hors défense (et hors cyber).

"Si l’existence de la « Red team » est publique, ses travaux seront en revanche confidentiels, compte tenu de leur sensibilité et pour se prémunir d’inspirer de potentiels adversaires" sachant que leurs notes de synthèse seront destinées aux différentes armées, directions et services, et comporteront des scenarii de menaces, et des préconisations en vue de fournir une aide à la décision.

 

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