Le marché du livre mexicain reste stable | Livres Hebdo

Par Mylène Moulin, à Guadalajara (Mexique), le 04.12.2013 à 18h33 (mis à jour le 04.12.2013 à 19h00) Mexique

Le marché du livre mexicain reste stable

La Caniem présente son étude sur le marché éditorial mexicain - Photo MYLÈNE MOULIN

Le rapport annuel de la Chambre nationale de l'industrie éditoriale mexicaine (Caniem) pointe une récupération lente de l'économie du livre, en crise depuis 2006.

Le dernier rapport sur l'activité éditoriale mexicaine, présenté par Chambre nationale de l'industrie éditoriale mexicaine (Caniem) pendant la Foire internationale du livre (Fil) de Guadalajara, se veut sinon optimiste, du moins apaisant. “Depuis 7 ans, le Mexique vit une crise du livre, plus ou moins forte selon les années, avec une forte baisse des tirages. Nous n'avons pas encore récupéré le niveau de 2006, mais nous gagnons du terrain petit à petit et la situation s'améliore”, a déclaré Carlos Anaya, secrétaire de la Caniem.

En 2012, le Mexique a produit 300 millions de livres, dont un peu plus de la moitié sont des ouvrages scolaires gratuits édités par l'Etat. Dans le secteur privé, les 222 éditeurs recensés par la Caniem ont publié moins de titres que les années antérieures: 23948 en 2012 contre 26 836 en 2011. Le nombre d'exemplaires produits a toutefois augmenté de 8% par rapport à 2011 à 142,8 millions.

En augmentation progressive depuis 2007, le chiffre d'affaires de l'édition privée a atteint les 10 milliards de pesos (560 millions d'euros), soit 3,2% de plus que l'exercice précédent. Et le nombre de titres vendus a augmenté de 0,7%. Des résultats encourageants mais à prendre avec des pincettes, selon Carlos Anaya, qui associe en partie la hausse du chiffre d'affaires à l'augmentation du prix des livres.

Nous ne pouvons pas continuer à dépendre des ventes au gouvernement. Aldo Falabella

Pour Aldo Falabella, vice-président de la Caniem, le marché privé devra apprendre dans le futur à se maintenir seul. “Nos éditeurs ont pris l'habitude de compter sur les ventes au gouvernement qui représentent une part non négligeable de leur chiffre d'affaires. Nous ne pouvons pas continuer à dépendre de cela”, a-t-il martelé. Des récents changements dans les programmes éducatifs et une réduction du budget des programmes des bibliothèques scolaires, de l'éducation secondaire, et du programme national d'anglais dans l'éducation (PNIEB) ont en effet ébranlé les finances de nombreux éditeurs habitués à vendre une partie de leur production au gouvernement.

Le numérique encore à la marge

Une des pistes de travail des éditeurs mexicains, en plus de renforcer le marché intérieur, est de miser sur l'exportation de leur production dans les pays frontaliers et notamment aux Etats-Unis où le nombre d'hispanophones ne cesse de croître. Ils intensifient aussi leurs efforts pour le livre numérique. “Le e-book a toute sa place dans le processus d'exportation de notre production et de nos contenus. C'est une piste que nous devons explorer avec soin car elle pourrait permettre d'exporter plus en s'affranchissant des contraintes physiques et géographiques”, assure Fernando Estevez, conseiller à la Caniem. Avec 2739 titres publiés en 2012 pour un chiffre d'affaires de 16 millions de pesos, ce segment reste toutefois marginal au Mexique.

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