Congrès de l'ABF

Le bénévolat en bibliothèque, un équilibre à trouver

Gildas Carrillo brandit sa récompense après avoir reçu le Coup de coeur du prix Livres Hebdo des bibliothèques 2013. Seul professionnel de la médiathèque de Saint-Aubin-du-Pavail, il travaille avec 19 bénévoles. - Photo ©OLIVIER DION

Le bénévolat en bibliothèque, un équilibre à trouver

Lorsque la question des bénévoles en bibliothèque est abordée, la controverse n’est jamais bien loin. Jeudi 19 juin, lors de la première journée du 60e congrès de l’ABF, plusieurs intervenants ont débattu pour tirer un bilan de leurs expériences respectives.

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Par Souen Léger,
Créé le 19.06.2014 à 22h33,
Mis à jour le 19.06.2014 à 23h00

Aux côtés des bibliothécaires professionnels, les bénévoles sont nombreux à officier. Pour faire le point sur cette réalité, le 60e congrès de l’ABF, qui se tient à Paris du 19 au 21 juin, a réuni lors de sa journée d’ouverture une table ronde sur le sujet.
Le bénévolat, qui soulève bien des polémiques, pose en effet la question de "la concurrence réelle ou supposée que représentent les volontaires pour les professionnels", mais aussi celles de "la légitimé" et de "la compétence" des bénévoles, comme le souligne Christian Massault, vice-président du groupe ABF Rhône-Alpes et modérateur du débat.

Des incompréhensions... et de belles réussites

Parmi les intervenants, Pierre-Yves Renard, de la Bibliothèque départementale de prêt (BDP) du Maine-et-Loire, remarque l’ampleur du phénomène dans son département. "En 2012, il y avait 2 900 bénévoles dans les 216 bibliothèques conventionnées", explique-t-il. Au quotidien, des tensions et des incompréhensions émaillent les relations avec les bénévoles qui n’ont pas forcément "la même perception de la lecture publique qu’un professionnel." Ainsi, certains domaines d’intervention motivent moins que d’autres et les engagements ne sont pas toujours tenus. Pour palier ces malentendus, Pierre-Yves Renard propose notamment de former davantage les bénévoles.

A plus petite échelle, Gildas Carrillo de la médiathèque Philéas Fogg de Saint-Aubin-du-Pavail (coup de coeur du Grand prix Livres Hebdo 2013 des bibliothèques), fait l’expérience du bénévolat tous les jours. Unique professionnel de la médiathèque, il gère une équipe de 19 volontaires et ouvre au public 14 heures par semaine ­­, allant même jusque 23 heures d’ouverture pendant les vacances scolaires. Une aubaine pour ce village de 744 habitants. "Si nous pouvons ouvrir autant et proposer un service original, c’est grâce aux bénévoles", assure-t-il.

L'"enfer" de la Grande-Bretagne

Arrivé en 2006, Gildas Carrillo avait une idée précise de ce qu’il souhaitait mettre en place. Aujourd’hui, il propose des activités et des programmes innovants qui contribuent à attirer de nouveaux volontaires. Et ici, rien n’est laissé au hasard. "Les bénévoles doivent réellement avoir envie de travailler avec nous, de s’impliquer et de créer du lien social. Parfois, je fais passer un, deux, trois entretiens… C’est important que l’équipe soit soudée", estime-t-il. Des tutorats sont également mis en place et des formations proposées, si bien que certains profitent de cette expérience pour se reconvertir et travailler en bibliothèque, cette fois en tant que salariés.

L’Anglais Ian Anstice, directeur de la bibliothèque Winsford dans le Cheshire West, témoignait quant à lui des effets dramatiques des coupes budgétaires en Grande-Bretagne sur les effectifs salariés, et de la progression constante du nombre de bénévoles (+ 44 % entre 2012 et 2013). "En France, les bénévoles aident les professionnels, ils ne les remplacent pas !", souligne-t-il. En effet, face à la menace de fermeture, les bibliothèques britanniques n’ont parfois pas d’autre choix que de fonctionner grâce à des bénévoles. Un cas de figure qui peut se révéler être un véritable "enfer".

Commentaires (1)

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ALIZEE

il y a 6 ans à 16 h 19

En France, beaucoup de personnes formées ne trouvent pas d'emploi et la question du bénévolat est délicate. Sans bénévole, beaucoup d'établissements auraient du mal à fonctionner mais en même temps l'Etat s'en contente. Il faudrait imposer des lois comme dans certains pays d'Europe avec un minimum d'heures d'ouverture et de salariés pour offrir un service correct aux usagers et permettre aux professionnels de pouvoir remplir leurs missions.


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