Le 28 juin prochain, La Bellevilloise (Paris XXe) accueillera la première édition du Salon de la BD érotique, événement organisé par Flore Cherry et Anne Hautecoeur, avec le soutien de la librairie La Musardine et des éditions Tabou - deux acteurs structurants du marché de l'édition érotique en France.
L'initiative s'inscrit dans la continuité du Salon de la littérature érotique qui se tient à l'automne et entend consacrer un segment éditorial en pleine recomposition. Selon les organisatrices, le marché de la BD érotique connaît une double mutation : féminisation accélérée de la création et du lectorat, et rajeunissement du public via le hentai, le manga érotique japonais. Des autrices comme Apollonia Saintclair, Aurélia Aurita ou Maïa Mazaurette illustrent ce renouvellement générationnel, s'appropriant les codes du genre jusqu'alors dominé par des figures masculines historiques - Manara, Serpieri, Crepax…
Humour et érotisme
Le format retenu mise sur la rencontre directe entre artistes et public : dédicaces, stands et sept masterclasses thématiques programmées entre 15 heures et 18 heures. Diversité des corps, esthétique BDSM, couleur comme vecteur du désir ou encore humour et érotisme figurent au programme, animés par une vingtaine d'artistes français et étrangers, parmi lesquels Petites Luxures, Benoît Feroumont, Ariane Burgelin ou Luigi Critone.
Sur le plan économique, les organisatrices positionnent explicitement la BD face à la vidéo pornographique en ligne, soulignant les atouts narratifs du médium : tension dramatique, liberté de représentation, inventivité scénaristique. Un argument éditorial autant que commercial, à l'heure où les plateformes de contenus adultes captent une part croissante de l'attention.
