La Librairie Rencontre ferme ses portes | Livres Hebdo

Par Cécilia Lacour, le 21.12.2016 à 17h52 (mis à jour le 21.12.2016 à 18h00) Var

La Librairie Rencontre ferme ses portes

La librairie Rencontre ferme ses portes. - Photo DR

Le propriétaire de la librairie indépendante, Jocelyn Dailly, a été contraint de mettre la clé sous la porte, concurrencé par la vente en ligne et la grande distribution.

Jocelyn Dailly, libraire et conseiller municipal, a définitivement baissé le rideau de la libraire Rencontre, située dans le centre-ville de La Croix-Valmer, près de Saint-Tropez, dans le Var, ce mercredi 21 décembre.
 
Créée en 1983, l’enseigne est une entreprise familiale ouverte par le père de l’actuel propriétaire. En 2000, après le décès de sa mère, Jocelyn Dailly rejoint son père et reprend les rênes de la librairie cinq ans plus tard. "Je n’ai pas été forcé de le faire, j’aime lire, je suis passionné", précise-t-il par téléphone à Livres Hebdo.
 
Mais depuis "3-4 ans", il sent que la fin est proche. En cause, la crise financière de 2008 qui a marqué les librairies "et pas dans le bon sens". Et puis, il y a Amazon. Jocelyn Dailly se dit "vraiment agacé" par le poids croissant de la multinationale et par le manque d’action de l’Etat pour freiner cette "énorme monstre qui broie tout".
 
Concurrencé par un bar-tabac

Concurrencée par la vente en ligne, sa librairie entre aussi en compétition avec les acteurs sur le terrain. Installée dans une galerie commerçante, l’enseigne a longtemps profité d'être la seule librairie généraliste du village de 4000 habitants.

Jusqu’au jour où un hypermarché à proximité propose lui aussi des ouvrages dans ses rayons, "sans personne pour renseigner les clients ou faire des commandes". Puis ce fut au tour du bar-tabac de se lancer dans la vente de livres "alors qu’il ne devrait pas""Il faut laisser le livre entre des mains expertes, sinon cela fait des dégâts", revendique Jocelyn Dailly.
 
Le libraire avoue "repartir sur une page blanche", après avoir tourné celle de la librairie "sans rancœur" mais avec beaucoup de tristesse et de pessimisme quant à l’avenir du livre et du monde de l’édition "dévorés par de grosses machines"
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