Jonathan Littell couronné par le Prix Sade 2018 | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 08.10.2018 à 15h58 (mis à jour le 09.10.2018 à 09h40) Proclamation

Jonathan Littell couronné par le Prix Sade 2018

Photo PRIX SADE 2018

Le prix Sade a récompensé les histoires fantasmées de Jonathan Littell, mais aussi un livre d'art aux dessins porn-apocalyptiques et un éditeur pour sa collection aux limites du convenable.

Le prix Sade 2018 a été révélé le 6 octobre à la galerie Suzanne Tarasieve à Paris. Le jury, présidé par Emmanuel Pierrat (collaborateur à Livres Hebdo), a décerné trois prix.

Le prix Sade est revenu à Jonathan Littell pour Une vieille histoire. Le lauréat du Goncourt (Les Bienveillantes, 2006) a publié en mars dernier une nouvelle version de son ouvrage paru chez Fata Morgana en 2012. De deux chapitres, l'auteur est passé à sept.

A chaque chapitre, un narrateur sort d'une piscine, se change, et se met à courir dans un couloir gris. Il découvre des portes, qui s'ouvrent sur des territoires (maison, chambre d'hôtel, ville ou zone sauvage), lieux où se jouent et se rejouent, à l'infini, les rapports humains les plus essentiels (la famille, le couple, la solitude, le groupe, la guerre). La course s'achève dans la piscine, puis tout recommence. Pareil, mais pas tout à fait.

"La perversité se mêle à la quête de désir illimité et fantasmé. Le corps, dans tous ses excès, est célébré ou torturé", écrivait Kerenn Elkaïm dans son avant-critique parue dans Livres Hebdo le 23 février.
 

Remerciements de Jonathan Littell

« Jean-Marie Laclavetine m’a informé du fait que vous avez choisi de décerner le prix Sade à mon roman Une vieille histoire.
Je vous remercie beaucoup pour ceci: comme vous devez vous en douter, Sade a toujours été un auteur dont je me sens très proche, pour de nombreuses raisons qui dépassent sa sulfureuse réputation. Comme écrivain, il a repoussé les limites de ce qui était possible, voire même pensable; aujourd’hui, nous sommes loin d’avoir fini d’explorer les territoires qu’il a ainsi ouverts; quand à en découvrir de nouveaux, il faudrait beaucoup de démesure pour même y songer. Si mon roman use de certaines des possibilités qu’il nous a offertes, il est loin de les épuiser. Je ne suis pas sûr de mériter l’honneur que vous me faites, même si je ne vois pas de raisons pour le refuser.
Malheureusement, je ne serai pas à Paris le jour de la remise du prix; j’habite en effet en Espagne, et suis fort occupé en ce moment avec un projet de film. J’ai donc bien peur que je ne pourrais pas être des vôtres ce jour-là. J’espère que vous le comprendrez et ne m’en tiendrez pas rigueur.
Je vous remercie encore une fois.
Bien cordialement,
Jonathan Littell »

Deux prix spéciaux ont été proclamés. L'artiste Mavado Charon a ainsi reçu le prix Sade du Livre d'art pour son livre-monstre Dirty, qui regroupe dix ans de dessins porn-apocalyptiques, publié chez Mania Press.

Enfin, les éditions Le Murmure ont été distinguées par un prix spécial pour sa collection "Border line" à l'occasion de la parution de L'adolescente japonaise de Stéphane du Mesnildot en avril. La collection, créée en 2012, dispose d'un catalogue 27 titres.
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