J'ai perdu mon corps et J'accuse: deux adaptations primées aux César | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 29.02.2020 à 00h44 (mis à jour le 29.02.2020 à 01h00) Cinéma

J'ai perdu mon corps et J'accuse: deux adaptations primées aux César

Parmi les adaptations cinématographiques en course pour les César du cinéma français, deux se sont distinguées: J'ai perdu mon corps de Jérémy Clapin et J'accuse de Roman Polanski. Les Misérables a été sacré par le César du meilleur film.

Une cérémonie pas comme les autres. L’Académie des César est à la une des journaux ou dans les tribunes de grands quotidiens depuis janvier, quand on a appris que Virginie Despentes avait été recalée comme marraine d’une révélation du cinéma français. Alain Terzian, le président de l’Académie des César ne savait pas qu’en décidant seul de refuser l’écrivaine, il allait démissionner six semaines plus tard.

Et puis il y a eu la liste des nominations fin janvier. Portrait de la jeune fille en feu, La belle époque, les Misérables, Roubaix une lumière font une razzia. Mais c’est J’accuse de Roman Polanski qui est dans toutes les têtes, et en tête des nominations (12). Les professionnels ont séparé l’œuvre de l’auteur, ce que plusieurs mouvements féministes n’ont pas supporté. Le réalisateur est toujours au cœur de polémiques où il est accusé de viol et d’agression sexuelle.

Aussi ces César ont déroulé leur soirée ce 28 février dans un contexte de crise, en attendant une refonte de la cérémonie pour l’année prochaine. Les Misérables, meilleur film et César du public, et La Belle époque ont remporté respectivement 4 et 3 César.

Trois César aussi pour J’accuse. Roman Polanski repart avec deux César, celui de la réalisation et celui de l’adaptation. J’accuse est adapté à partir du roman historique de Robert Harris, D. (Plon), co-scénariste du film. Dans cette catégorie, on retrouvait aussi Adults in the Room de Costa-Gavras, d’après l’essai Conversations entre adultes de Yanis Varoufakis (Actes sud), Roubaix une lumière d’Arnaud Desplechin (film inspiré d’un documentaire), Seules les bêtes de Dominik Moll, adapté du polar de Colin Niel (Rouergue), qui était aussi nommé dans la catégorie de l’actrice dans un second-rôle (Laure Calmy).

Et enfin, il y avait J’ai perdu mon corps, adaptation du roman de Guillaume Laurant, Happy Hand (Seuil), qui a été finalement couronné par le César de la meilleure musique et le César du meilleur film d’animation (long métrage). Dans cette catégorie, il faisait face à deux autres adaptations, elles aussi sélectionnées au festival de Cannes : Les hirondelles de Kaboul, d’après le roman de Yasmina Khadra (Julliard) et La fameuse invasion des ours en Sicile, transposition du roman jeunesse de Dino Buzzati.

Côté film étranger, on retrouvait Joker, d’après le super vilain des bandes dessinées de DC Comics. Le film n’avait évidemment aucune chance face à Parasite de Bong Joon-ho, Palme d’or en 2019 à Cannes et Oscar du meilleur film il y a plus de deux semaines. Une bande dessinée, adaptée du storyboard du film, est programmée aux Etats-Unis chez Hachette Book Group le 19 mai.

Parmi les autres adaptations nommées et reparties sans aucun prix, citons Chanson douce, d’après le roman éponyme de Leïla Slimani (Gallimard), qui n’était nommé qu’une seule fois dans la catégorie meilleure actrice (Karin Viard), Edmond, adaptation par Alexis Michalik de sa pièce éponyme, en lice pour les décors et les costumes, catégorie où on retrouvait aussi Jeanne, librement adapté par Bruno Dumont de l’œuvre de Charles Péguy.

close

S’abonner à #La Lettre