Inquiétudes après le rachat de la librairie Olivieri par Renaud-Bray | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 23.09.2016 à 17h12 (mis à jour le 23.09.2016 à 18h00) Québec

Inquiétudes après le rachat de la librairie Olivieri par Renaud-Bray

La Librairie Olivieri à Montréal. - Photo BIZ ET THOT/COPIE D'ECRAN YOUTUBE

Le rachat de la librairie Olivieri à Montréal par le groupe Renaud-Bray inquiète les différentes associations professionnelles, d'autant plus que la librairie indépendante au Québec se porte mieux.

La fermeture (temporaire) de la librairie Olivieri à Montréal était symbolique. Son rachat par le groupe Renaud-Bray, première chaîne culturelle de la Belle province, suscite la surprise. "La fermeture d’Olivieri survient alors que depuis longtemps il n’y en avait pas eu. Le milieu se porte plutôt bien actuellement, avec toute la belle relève qui s’installe" résume Katherine Fafard, directrice générale de l'Association des libraires du Québec (ALQ), dans un courriel à Livres Hebdo.

La coopérative Les Librairies indépendantes du Québec (LIQ), qui regroupe plus de 100 librairies, a réagi par communiqué. Tout en saluant l'apport des deux propriétaires d'Olivieri, Rina Olivieri et Yvon Lachance, le réseau "s'inquiète du rachat". "Un an après l’achat du groupe Archambault par ce même géant, cela suscite des questionnements quant à la place de plus en plus grande de Renaud-Bray dans le milieu du livre québécois. Soulignons que Renaud-Bray pose ainsi une menace réelle à la diversité culturelle dans le monde du livre" constate le regroupement. Le groupe Renaud-Bray a de son côté assuré que la librairie Olivieri conserverait son autonomie et son identité propre.

Eviter la fermeture définitive

Dans un courriel destiné à leurs clients, les deux propriétaires de la librairie justifient leur décision: "Nous avons déployé des trésors d'imagination pour trouver des solutions d'affaires dans un contexte de crise du milieu du livre. Le manque d'argent chronique, fortement aggravé par les travaux publics sur Côte-des-Neiges en 2011, ne nous a malheureusement pas permis de les mener à terme. L'entente entre Olivieri et Renaud-Bray permettra à Olivieri de continuer son projet ambitieux. L'alternative était sa disparition."

Mais Alexandre Bergeron, président de la LIQ, reste vigilant: "Que Renaud-Bray décide de mettre la main sur une des librairies phares du réseau des indépendants nous préoccupe vivement. La place importante que Renaud-Bray occupe dans le milieu de la vente de livres aura assurément des conséquences néfastes sur l’ensemble des acteurs du milieu du livre".

La librairie indépendante retrouve son dynamisme

Les libraires québécois ont été surpris par l'annonce. Car tous les acteurs du livre rappellent que la librairie québécoise se porte mieux. "Le tiers de nos membres ont été repris par de jeunes propriétaires au cours des trois dernières années" explique la directrice de l'ALQ.  Les ventes de livres neufs dans les librairies indépendantes ont atteint 206,7 millions en 2015, soit une hausse de 1,3 % par rapport à l'année précédente, dans une conjoncture négative (le marché du livre a baissé de 2,7%). De leur côté, les chaînes de librairies ont encaissé une baisse de 5,4%. 

Dans le quotidien La Presse, Benoît Prieur, directeur général de l'Association des distributeurs exclusifs de livres en langue française précise que "L'ambiance chez les libraires indépendants est pas mal plus optimiste aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a 10 ans. C'est toujours un secteur fragile, parce qu'il s'agit de petits commerces, mais le portrait a changé."

La LIQ relève que "De Montréal à Rimouski, de Gaspé à Gatineau, les librairies indépendantes font montre d’un grand dynamisme."
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