Histoires vraies pour destins hors normes | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 02.01.2019 à 18h39 (mis à jour le 04.01.2019 à 11h33) Sorties en salles

Histoires vraies pour destins hors normes

Hayao Miyazaki dans Never-Ending Man - Photo NHK

Au cinéma le 2 janvier, les caméras se braquent sur la vie de personnages réels au parcours hors norme, du quotidien besogneux du maître de l’animation Hayao Miyazaki au destin funeste du plus jeune indic du FBI.

Après la féerie des fêtes de fin d’année, les cinémas opèrent un retour radical au réel le 2 janvier avec la sortie en salle de plusieurs biopics et d’un documentaire événement sur le maître de l’animation japonaise Hayao Miyazaki. Never-Ending Man: Hayao Miyazaki suit le quotidien du réalisateur emblématique du studio Ghibli sur deux ans, entre 2015 et 2016, peu après avoir annoncé sortir de sa retraite pour travailler sur son premier court-métrage en images de synthèse, Boro la petite chenille, diffusé dans le musée Ghibli.
 
Contrairement à sa consœur Mami Sunada qui, dans son propre documentaire The kingdom of dreams and madness (2013), soulignait l’importance des dynamiques interpersonnelles et de l’effort collectif fourni par le studio Ghibli dans la fabrique des films de Miyazaki, le réalisateur de la NHK Kaku Arakawa se focalise lui presque entièrement sur l’icône. Le spectateur suit son quotidien et ses états d’âme d’infatigable et indécrottable forçat du crayon, presque contraint de se convertir aux techniques de réalisation 3D par la nouvelle garde de l’animation. Il trouve néanmoins dans le numérique un nouveau territoire à investir de sa fougueuse curiosité et de sa passion toujours intacte pour la création.
 
Si le prochain long-métrage de Miyazaki, Kimitachi wa dô ikiru ka, ne devrait pas voir le jour avant 2022, ses fans pourront se replonger dans son univers avec la réédition par Glénat, fin février, de plusieurs albums tirés de ses films, dont Princesse Mononoké et Le château dans le ciel. En novembre 2018, Rouge profond publiait quant à lui Hayao Miyazaki: au gré du vent de Sébastien Bénédict, un ouvrage analysant les influences et les thématiques abordées par le dessinateur dans ses films.
 
Thérapie urbaine
 
Réel toujours, bien que saupoudré d’une dose d’imaginaire comme de coutume chez Robert Zemeckis, avec Bienvenue à Marwen. Le réalisateur de Forrest Gump se penche sur la vie de Mark Hogancamp, déjà racontée dans le documentaire Marwencol. Le 8 avril 2000, cet ancien marin qui aimait se travestir est tabassé par cinq hommes à la sortie d’un bar. Après un coma de neuf jours, Mark se réveille sans aucun souvenir de sa vie antérieure. En guise de thérapie transitoire avant son retour au réel, il commence la création d’un monde imaginaire: Marwencol, la reconstitution miniature d’une ville au temps de la Seconde Guerre mondiale, à la fois refuge mental et terrain de jeu cathartique.
 
Deux biopics enfin, retracent les destinées hors du commun de deux icônes du système judiciaire américain. Du bon côté des barreaux, Une femme d’exception réalisé par Mimi Leder se concentre sur le début de la carrière de Ruth Bader Ginsburg, juge progressiste à la Cour suprême des Etats-Unis et icône de la lutte pour les droits des femmes, par ailleurs personnage principal du documentaire RBG paru en 2018. Côté délinquance, Undercover: une histoire vraie, réalisé par le Français Yann Demande, retrace l’histoire de Richard Wershe Jr, dit "White Boy Rick", vendeur de drogue dans les années 1980 et plus jeune informateur du FBI, recruté à l’âge de 14 ans. Il permit notamment d’identifier des flics ripoux et de nombreux dealers, mais sera finalement lâché par la police fédérale et condamné à la prison à vie pour possession de huit kilos de cocaïne.
close

S’abonner à #La Lettre