Décès du critique littéraire Jean-Pierre Richard | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 18.03.2019 à 10h47 (mis à jour le 18.03.2019 à 11h00) Disparition

Décès du critique littéraire Jean-Pierre Richard

Jean-Pierre Richard - Photo ÉDITIONS VERDIER

"Le retentissement des textes de Jean‑Pierre Richard sur le lecteur tient au style singulier de sa critique, qui trace une rythmique particulière dans l’œuvre étudiée" écrivait la professeur Anne Herschberg Pierrot en 2010.

Le critique littéraire Jean-Pierre Richard est mort le 15 mars dernier à l’âge de 96 ans. Distingué par le Prix Max-Barthou en 1963, le Prix Henri-Mondor en 1971 et le Prix de la critique en 2015, cet agrégé de lettre et docteur ès lettres avait commencé sa carrière en enseignant la littérature en Ecosse, à Londres et à Madrid.
 
Né à Marseille le 15 juillet 1922, il a publié son premier essai sur les liens qui unissent les écrivains au monde en 1954. Littérature et sensation (Le Seuil) se penche ainsi sur Stendhal, Flaubert et les Goncourt. L’année suivante, toujours chez le même éditeur, avec Poésie et Profondeur, il décrypte Nerval, Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. Jean-Pierre Richard consacre ensuite des essais à Stéphane Mallarmé, qui était le sujet de sa thèse, avec Pour un Tombeau d'Anatole (Le Seuil, 1955) Correspondance (1862-1871) (Gallimard, 1959), L'Univers imaginaire de Mallarmé (Le Seuil, 1961) ou encore Épouser la notion (Fata Morgana, 1992).

Une œuvre pêle-mêle
 
Il poursuit son étude des grands écrivains au fil des ans : Paysage de Chateaubriand (Le Seuil, 1967), Nausée de Céline (Fata Morgana, 1973), Proust et le Monde sensible (Le Seuil, 1974), L'État des choses : études sur huit écrivains d'aujourd'hui (Gallimard, 1990) où il étude Jacques Réda, Pascal Quignard, Gérard Macé, Pierre Michon ou encore Philippe Djian, Roland Barthes, dernier paysage (Verdier, 2006), Chemin de Michon (Verdier, 2008). Dans Pêle-mêle (Verdier, 2010), il scrute les œuvres d'Yves Bonnefoy, Paul Claudel, Gérard Macé, Stéphane Audeguy, Michel Jullien, Henri Bosco et Christophe Pradeau. Il y donne une suite, avec Les Jardins de la terre, Pêle-mêle II (Verdier, 2014), où il décrypte Proust, Giono, de Kerangal ou encore Vargas.
 
Enfin avec ses deux volumes de Microlectures (Le Seuil, 1979 et 1984), il a thématisé la critique avec des études marquées par la psychanalyse sur Jules Michelet, Julien Gracq, Victor Hugo et Paul Claudel.

Par ailleurs, la revue Littérature lui a consacré un numéro (nº 164, 2011) et Hermann en 2015 a publié  un hommage au travail du critique et historien de la littérature, qui met en lumière son influence sur le monde littéraire du XXe siècle, Jean-Pierre Richard, critique et écrivain, sous la direction de Christian Doumet et Dominique Combe, suivi d'un de ses textes inédits, Les sols du sens.
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