L'Ille noire. Après Paris, Marseille ou Toulouse, les éditions Asphalte posent leurs valises à Rennes, pour une autre salve de nouvelles racontant la face noire d'une ville. Nous connaissons la qualité constante des textes compilés dans chaque volume d'une collection éprouvée de longue date. Mais une fois encore, les choix et la diversité du recueil nous réjouissent. En tête du casting, les locomotives Frédéric Paulin - qui voit brûler le Parlement de Bretagne et la jeunesse d'Aline et Albéric -, ou Benjamin Dierstein en loser goguenard du côté de la place Sainte-Anne et de la rue de la soif, s'en donnent à cœur joie. Face aux deux stars locales s'illustrent d'autres jeunes pousses du cru. Avec un « Georges Cleunay » bien trash, Antoine Philias nous rappelle en passant que malgré ses nouveaux patronymes à haute teneur commerciale, le stade rennais sera toujours celui de la route de Lorient. Macodou Attolodé quant à lui nous plonge au cœur des drames migratoires narrés avec cette insigne retenue qui l'honore depuis Étincelles rebelles (Gallimard, 2025, « Folio », 2026). Pour donner le tempo, nous soulignerons « Un léger différé » de Nathalie Burel et son survol ondoyant de la scène musicale armoricaine des années 1980 et noterons également les sprints enlevés de Cécile Cayrel, Xavier Dollo, Martin Mongin, Louise Katz ou Isabelle Amonou. Au bout du compte : pas de clichés bretonnants, juste l'histoire d'une ville, avec ses peurs et ses doutes.
Rennes noir
Asphalte
Tirage: 2 000 ex.
Prix: 21 € ; 224 p.
ISBN: 9782365333108
