City Éditions franchit une nouvelle étape dans l'exploitation des droits de Freida McFadden. L'éditeur lancera en mars 2026 un label dédié au roman graphique, Imagine Graphic, avec d’abord l'adaptation de La Sage-femme d'Auschwitz d'Anna Stuart, autre titre à succès de la maison normande, suivie en octobre par celle de La Femme de ménage.
« Ce sont des livres qui se prêtent particulièrement bien au roman graphique, explique à Livres Hebdo Frédéric Thibaud, fondateur de City Éditions. Que ce soit McFadden ou Anna Stuart, elles ont des écritures qui sont déjà très visuelles et elles ont de vraies histoires avec de vrais personnages », explique-t-il. Un choix éditorial mûri sur 18 à 24 mois, après l’acquisition des droits d’adaptation en pleine explosion du succès en librairie, en fin d’année 2024. « Il faut trouver le scénariste, le dessinateur et mettre tout ça en place », précise-t-il, soulignant l'investissement financier et temporel que représente ce format.
Pour les deux titres évoqués plus haut, le scénario est signé Pascal Bresson, scénariste d’une quarantaine d’ouvrages dont la biographie Simone Veil – L’immortelle, écoulée à près de 80 000 exemplaires depuis sa sortie en 2018 chez Marabout. Il est assisté au dessin par Serge Fino, collaborateur régulier chez Glénat (Les chasseurs d’écume, Jules Matrat…) pour la Sage-femme d’Auschwitz. Concernant La Femme de ménage, c’est Michel Suro, illustrateur chez Delcourt (Le clan des chimères, Les reines de sang…), qui prend le crayon avec aux couleurs Axel Gonzalbo.
La France, deuxième marché mondial
Les chiffres justifient cette stratégie ambitieuse. Sur l'année 2025, Freida McFadden a vendu 6,9 millions d'exemplaires en France, soit 2,2 % du marché national du livre. Au total, ses ventes atteignent 7,5 millions d'exemplaires selon les données NielsenIQ BookData partagées par l’éditeur. Un succès qui place la France en deuxième position mondiale, derrière les États-Unis où l'autrice a écoulé plus de 10 millions d'exemplaires, mais pour un catalogue de 15 à 20 titres et une population quatre fois supérieure.
« Je suis extrêmement fier et extrêmement heureux qu'on publie Freida McFadden. Je pense qu'on ne fait pas mieux en termes de littérature de divertissement », affirme Frédéric Thibaud, qui refuse de « bouder son plaisir » malgré les critiques sur la qualité littéraire.
Trois titres grand format par an
À partir de 2026, City Éditions publiera trois titres en grand format par an, dont La Locataire le 23 février, l'un des derniers romans parus aux États-Unis. Trois titres en poche suivront annuellement dès 2027 chez J'ai Lu, partenaire historique qui doit « rentrer dans le rythme de la publication ».
Cette cadence soutenue s'inscrit dans une stratégie globale de l'éditeur : publier moins mais mieux. « L'idée est vraiment de développer d'autres marques », détaille Frédéric Thibaud. Sur une cinquantaine de romans publiés annuellement, trois seulement sont signés McFadden.
Le phénomène McFadden illustre selon l'éditeur une « best-sellerisation » du marché. « Les lecteurs n'ont pas forcément envie de prendre le risque quand ils achètent un livre. La meilleure manière de ne pas prendre de risque, c'est d'acheter ce que tout le monde aime », analyse-t-il. Une dynamique renforcée par l’augmentation du prix du livre, qui pousse les acheteurs à rechercher des valeurs sûres, « approuvées par d'autres lecteurs ».
L'éditeur identifie également une « vraie envie de fiction qui raconte des histoires », par opposition à l'autofiction ou aux formats plus littéraires.
Anna Stuart en embuscade
Si McFadden concentre l'attention médiatique, City Éditions rappelle qu'Anna Stuart constitue également un succès majeur du catalogue. « Il n'y aurait pas McFadden, Anna Stuart serait quand même un très beau succès », souligne Frédéric Thibaud, qui cite également d'autres titres comme La Cuisinière de Frida de Florencia Etcheves (traduit de l'espagnol par Lucie Cozic) qui tutoie les 10 000 exemplaires vendus, pour illustrer la diversité du catalogue.
L'éditeur, qui emploie toujours une douzaine de personnes, mise sur cette stratégie éditoriale ciblée pour poursuivre son développement, notamment via le label romance Eden où la série Leonid Petrov de Nanou Ad atteint les 40 000 exemplaires sur le tome 1.
