Reprise de l'activité

Bruno Le Maire réclame un accompagnement spécifique pour les libraires

Bruno Le Maire - Photo DR/CC BY 2.0

Bruno Le Maire réclame un accompagnement spécifique pour les libraires

Le ministre de l'Economie, en visite à la librairie Folies d'encre à Montreuil, réfléchit à la manière d'accompagner les libraires dans leur reprise d'activité. 

Par Alexiane Guchereau,
avec AFP,
Créé le 07.05.2020 à 12h51,
Mis à jour le 07.05.2020 à 14h42

Les librairies font partie des "secteurs sinistrés" et doivent recevoir un "accompagnement spécifique dans le cadre des aides en préparation pour le tourisme", a annoncé mercredi 6 mai le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Au travers des libraires, c’est "la vie culturelle de la France" qui est en jeu, a-t-il souligné. 
 
Selon le ministre, il faut éviter que les libraires ayant eu recours à un prêt pour pallier un problème de trésorerie se retrouvent avec "un problème de solvabilité quand il faudra rembourser l'emprunt". "Ce sont des commerces qui ont une marge très faible", a-t-il expliqué. "Il y a trois secteurs qui ont besoin d'un accompagnement spécifique, le tourisme, l'industrie automobile et l'industrie aéronautique", a résumé Bruno Le Maire. "Le tourisme, on va le comprendre dans un sens large, dans le tourisme, il y a la culture et dans la culture, il y a les libraires", a-t-il détaillé.
 
Face au risque "d'une cascade de faillites de libraires", "il faut qu'on réfléchisse à la manière dont on peut étendre la maturité des prêts, pour que ça ne pèse pas trop sur la trésorerie des librairies", a indiqué le ministre, ajoutant: "Il faut aussi que nous regardions ce que les éditeurs sont prêts à faire en termes de remise commerciale pour augmenter la marge des libraires."
 
20 à 26 millions d’euros de charges fixes 
 
Le Syndicat de la librairie française évalue entre 20 et 26 millions d'euros les charges fixes demeurant à la charge des libraires, dont l'activité a chuté de plus de 90% durant le confinement, entre la mi-mars et la mi-mai.
 
La gérante de librairie, Amanda Spiegel, a déclaré qu'elle appréhendait la reprise "de manière très floue". "On a fait des plannings un peu hasardeux, j'ai refait des commandes assez improbables, et on va se donner une semaine ou deux pour comprendre ce qui se passe et réajuster ce qui touche au client, c'est à dire les horaires d'ouverture, le nombre de libraires et les stocks, tout en gardant un regard assez acéré sur l'état de la trésorerie".

Dans son journal du confinement, la libraire rappelait: "Bruno Le Maire a allumé une mèche folle. Jeudi matin, sur France Inter, le ministre de l’Economie a dit qu’il réfléchissait à une réouverture des librairies. Aussitôt, on s'est échangé des centaines de mails : une levée de boucliers générale (disons à 99,9%!) des libraires. Nous demandions qu’il n’y ait pas de concurrence déloyale des vendeurs en ligne, et donc que le livre ne soit pas considéré comme un produit de première nécessité. Nous ne demandions pas la réouverture de nos librairies. Nous ne voulons pas être des vecteurs de propagation du virus."
 
Selon un sondage réalisé par Xerfi/I+C pour Livres Hebdo, une grande partie des libraires de premier niveau, les plus touchés par la crise avec une perte de revenus de 17,5% au premier trimestre 2020, ont l’intention de recourir aux dispositifs d’aide mis en place par l’Etat, les collectivités et par l’interprofession. Près d'un tiers des libraires pensent reprendre avec une configuration allégée. 

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