Le conflit en cours en Iran affecte aussi directement le secteur du livre. Selon Publishing Perspectives, plusieurs librairies de la première chaîne du pays, Book City, ont été endommagées à la suite de frappes américano-israéliennes intervenues ces derniers jours, notamment à Téhéran.
Au total, au moins six points de vente de cette chaîne, qui constitue l’un des piliers de la distribution du livre en Iran, auraient été touchés. Les dégâts concernent des vitrines soufflées, des structures endommagées et des espaces de vente rendus temporairement inutilisables. Aucun bilan humain précis n’est en revanche avancé.
Rôle culturel important
Créé dans les années 1990, Book City est devenu l'acteur central du paysage éditorial iranien, avec un réseau de librairies implantées dans plusieurs grandes villes du pays, notamment à Ispahan, Mashhad, Tabriz et Kermanshah. Au-delà de la vente de livres, ces lieux jouent un rôle culturel important, accueillant rencontres, événements et activités liées à la lecture.
Le directeur général de Book City, Ali Jafarabadi explique à nos confrères de Publishing Perspectives avoir écrit à l'Unesco en Iran pour décrire les dégâts sur les bâtiments, les espaces intérieurs, le matériel, les présentoirs et les stocks de livres. Il a également joint des témoignages d'autres libraires iraniens dont les magasins ont été endommagés. Début mars, une librairie a été entièrement détruite et deux autres nécessiteront d'importants travaux de reconstruction, précise Ali Jafarabadi.
Selon Publishing Perspectives, ces destructions interviennent dans un contexte plus large de frappes touchant des zones urbaines denses, où commerces et équipements culturels sont exposés, fragilisant un peu plus un secteur de la culture iranien déjà soumis à de fortes contraintes économiques et politiques.
