Bilal à Pékin | Livres Hebdo

Enki Bilal à Pékin devant une de ses toiles (c) F.Piault

Le dessinateur inaugurait, samedi 1er septembre, une exposition de ses peintures les plus récentes dans le pôle d'art contemporain « 798 », au nord-est de la capitale chinoise.

Pour la première fois en Chine, alors qu'il a été à de nombreuses reprises en Asie du sud-est, en Corée, au Japon ou en Inde, le dessinateur Enki Bilal a inauguré une exposition de ses dernières peintures, samedi 1er septembre à Pékin à la galerie Hadrien de Montferrand, située dans le pôle d'art contemporain « 798 » qui occupe depuis une dizaine d'années un ancien complexe industriel au nord-est de la capitale chinoise.

Organisée avec la maison d'enchères Artcurial et le soutien de l'Institut français et de l'ambassade de France à Pékin, cette exposition de prévente « Oxymore - dernières peintures » est présentée du 1er au 10 septembre après avoir voyagé à New York et avant de gagner Berlin puis Paris, où la vente est prévue cet automne chez Artcurial.

Elle rassemble 13 toiles, toutes réalisée depuis le début de l'année 2012, auxquelles s'ajouteront pour la vente deux autres en cours de finition, ainsi que quatre petites peintures qui ont servi au dessinateur pour la préparation de son album Rendez-vous à Paris (Casterman, 2006). On y retrouve devant des cieux bleus à peine voilés les personnages - hommes, chevaux, zèbres ou hippopotames - chers à l'artiste, hybridés, post-atomiques, parfois sexuellement ambigus, habités par une inquiétude indicible et inexpugnable.

L'exposition est pour Enki Bilal « la manifestation d'une reprise de la peinture, à laquelle je n'avais pas touché, sauf pour la préparation de mes albums, depuis 1994 où j'avais représenté des couples alors que j'étais marqué par la guerre dans l'ex-Yougoslavie, confie l'artiste à Livres Hebdo. Le couple est toujours présent dans les nouvelles toiles, mais j'ai aussi intégré le "chessboxing", ce jeu que j'ai inventé, ainsi que l'idée d'oxymore car les mots contraires me semblent révélateurs du monde. Le verbe a toujours été très présent dans mon oeuvre. »

Après une conférence de presse et deux dîners avec des collectionneurs et des personnalités chinoises et étrangères, Enki Bilal doit encore intervenir, le 5 septembre à l'Université des beaux arts de Pékin, au côté d'auteurs de BD chinois et du directeur du département BD de l'université.

« Au-dela des réactions de la communauté française et internationale à Pékin, qui le connnaissait déjà, Enki Bilal, qui était complètement inconnu ici, intéresse vraiment les Chinois », assure Hadrien de Montferrand, qui a ouvert il y a trois ans sa galerie dédiée aux dessinateurs chinois depuis les années cinquante et à l'introduction d'artistes européens, après avoir été pendant huit ans directeur du marketing chez Artcurial.

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