Liban

Beyrouth : l'écrivain Charif Majdalani exprime son "désespoir"

Charif Majdalani - Photo HERMANCE TRIAY/SEUIL

Beyrouth : l'écrivain Charif Majdalani exprime son "désespoir"

L'auteur libanais d'expression francophone, président de la Maison internationale des écrivains à Beyrouth, a fait part de sa colère sur les ondes de Franceinfo après l'explosion, le 4 août, d'un stock de nitrate d'ammonium dans le port de la capitale libanaise.

Par Nicolas Turcev,
avec Franceinfo,
Créé le 07.08.2020 à 12h44,
Mis à jour le 07.08.2020 à 13h00

L'écrivain libanais Charif Majdalani, président de la Maison internationale des écrivains à Beyrouth, a fait part, sur Franceinfo, du sentiment de "désespoir" et de "colère" qui anime les Libanais après la terrible explosion survenue le 4 août dans le port de la capitale libanaise et qui a endommagé une grande partie de la ville. Le dernier bilan provisoire de la catastrophe fait état de 149 morts et 5000 blessés. Près de 300000 Libanais se retrouvent sans logement. Les dommages causés par l'explosion pourraient s'élever jusqu'à 5 milliards de dollars.

"Je pense que la colère est telle que le débordement salutaire pourrait avoir lieu de nouveau, enfin c'est ce que j'espère", a déclaré l'auteur des Vies possibles (Seuil, 2019), en référence au mouvement de contestation libanais né en octobre 2019. Depuis plusieurs mois, les manifestants réclamaient le départ de l'élite politique au pouvoir, accusée de corruption et d'attentisme. La mobilisation avait faibli ces dernières semaines en raison de la pandémie de Covid-19.

Aucune confiance en la justice

"Le pouvoir lui-même tient la justice entre ses mains. Tout cela était un jeu démocratique mais extrêmement truqué. Je pense qu'il n'y a pas un seul Libanais qui ait la moindre confiance, d'abord dans son Premier ministre, et ensuite dans l'idée que la justice puisse être rendue", estime l'écrivain. Il rajoute que "tout le monde est persuadé que les gens qui vont être arrêtés sont certainement des sous-fifres qui ont dû fermer les yeux ou obéir à des ordres mais qui ne sont pas les principaux responsables".

A propos de la visite d'Emmanuel Macron à Beyrouth, deux jours après le drame, Charif Majdalani souligne qu'"évidemment, on ne va pas demander à la France de se substituer à nous, le peuple libanais, dont c'est c'est le rôle de changer ses gouvernants, mais de nous aider à cela". L'écrivain s'attend ainsi à ce que la France ne "verse plus jamais le moindre sou à cette classe dirigeante  et envoie les aides de la France directement à la population."

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