Ecologie

Au Royaume-Uni, l'impression de livres en Chine est remise en question

logo de la maison Little Toller

Au Royaume-Uni, l'impression de livres en Chine est remise en question

Une éditrice anglaise pointe du doigt l'impact environnemental néfaste des importations de livres depuis l'étranger. Pour elle, davantage d'éditeurs devraient imprimer au Royaume-Uni. 

J’achète l’article 1.50 €

Par Pauline Gabinari,
Créé le 23.08.2021 à 17h35,
Mis à jour le 23.08.2021 à 18h00

Gracie Cooper, la co-fondatrice de la maison d'édition et librairie britanique Little Toller, lance "un appel aux armes" à l'ensemble de l'industrie éditoriale afin que cette dernière "nettoie sa production". Pour l'éditrice, ce grand "nettoyage" passe par la diminution de l'empreinte carbonne d'un livre lors de sa fabrication mais aussi durant son transport. Au Royaume-Uni, les livres illustrés ou en couleurs sont, pour une grande majorité, imprimés en Chine.

"Les éditeurs doivent se réveiller. Je pense qu'ils sont tellement habitués à leur propre chaîne d'approvisionnement qu'ils ne peuvent pas ou ne veulent pas essayer autre chose", a-t-elle déclaré à The Bookseller. Au passage elle pointe du doigt les ouvrages de sensibilisation à l'environnement qui ne suivent pas leur propres precepts.

Du même nom que sa maison, la librairie de Gracie Cooper est un bon exemple de cette production extrernalisée du livre. Dans son stock, un seul des albums pour enfants est imprimé au Royaume-Uni. 

Des avis contrastés

Peu d'éditeurs ont souhaité réagir à l'appel de Gracie Cooper. Parmi les quelques réactions, la directrice de production de Bonnier Book UK, a souligné que la maison imprimait des livres d'images pour enfants dans le monde entier, y compris au Royaume-Uni. "En tant que participant actif à l'initiative Science Based Target, nous nous efforçons de réduire nos émissions de GES d'un quart d'ici 2025, conformément aux objectifs de l'accord de Paris", a-t-elle précisé. Même retour du côté de Penguin Random House qui a ajouté réaliser des audits particulièrement détaillés pour les "marchés à haut risque tel que la Chine".

L'éditeur de livres pour enfants Latana Publishing, basé à Oxford a, quant à lui, déclaré que la situation n'était "pas noire ou blanche" en matière d'impression. Pour eux, Gracie Cooper ne prend pas en compte le dévelopement des imprimeries chinoises : "Notre décision de continuer à imprimer nos livres d'images en couleur en Chine a été prise pour des raisons de coût, mais aussi, et c'est important, en raison des références environnementales plus solides des grands imprimeurs bien établis en Chine par rapport aux petits imprimeurs plus récents en Europe".

Cet appel a été lancé suite à une lettre ouverte publiée par Piers Torday la semaine dernière. Signée par plus de cent auteurs, elle demandait aux éditeurs et aux agents littéraires de s'engager davantage dans une production durable. Selon Gracie Cooper, cette lettre ne précisait pas que la réduction de l'impact environemental d'un livre passe aussi par son acheminement. 
 

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités