Affaire Scarlett Johansson : Lattès et Delacourt condamnés | Livres Hebdo

Par Manon Quinti, le 02.07.2014 à 18h36 (mis à jour le 02.07.2014 à 19h00) Justice

Affaire Scarlett Johansson : Lattès et Delacourt condamnés

Scarlett Johansson

Grégoire Delacourt et son éditeur ont été condamnés à 2500 euros de dommages et intérêts à Scarlett Johansson. Mais le tribunal a débouté l’actrice de sa demande d’interdiction d’exploitation de son nom.

Le tribunal de grande instance de Paris a rendu son délibéré dans le procès Scarlett Johansson-Grégoire Delacourt: il a condamné l’écrivain et son éditeur Jean-Claude Lattès à verser d’une part 2500 euros de dommages et intérêts à Scarlett Johansson et d’autre part 2500 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile. Mais le tribunal a débouté l’actrice pour ses demandes de 60000 euros de dommages et intérêts et d’interdiction d’exploitation de son nom, de son image et de sa notoriété. L’avocate de l’écrivain et de l’éditeur, Me Anne Veil, a qualifié cette décision de “plutôt satisfaisante” compte tenu du montant jugé dérisoire qui doit être versé à la plaignante.
 
La plainte, examinée en mai, avait été déposée en 2013 par l’actrice américaine contre l’écrivain pour l’avoir mise en scène dans son roman La première chose qu’on regarde (2013), et contre l’éditeur, pour exploitation frauduleuse des droits de la personnalité pour la promotion du livre.
 
Le tribunal a estimé que l’atteinte à la vie privée était notoire car l’évocation des deux relations dans la presse (la “passade parisienne sans grande conviction avec Kieran Culkin” et la “passade express avec Jonathan Rhys Meyers”) en était restée au stade des “supputations”, et que Scarlett Johansson n’avait pas communiqué sur le sujet, comme le précise le rendu du jugement que Livres Hebdo s’est procuré.

“Blessant et dévalorisant”
 
De même, les juges ont estimé que la liberté de création invoquée était “totalement étrangère aux propos poursuivis, qui ne relèvent aucunement de la création littéraire”: c’est l’écrivain lui-même, et non pas le sosie de l’actrice, qui évoque sa vie amoureuse. Le tribunal a jugé que les passages incriminés étaient de nature à la présenter “sous un jour qui peut légitimement lui apparaître blessant et dévalorisant”.
 
Le montant des dommages et intérêts, nettement inférieur à ce que demandait la plaignante, a été fixé en tenant compte de la diffusion de l'ouvrage –plus de 100 000 exemplaires– et du fait que l'actrice avait déjà évoqué dans la presse sa vie privée.
 
L’affaire Johansson-Delacourt n’est pas finie pour autant: mercredi 9 juillet sera rendu le jugement du procès intenté cette fois par l’écrivain à Scarlett Johansson pour injures. L’actrice avait qualifié l’écrivain de “pervers louche” et de “dingue misogyne” dans un article de Vanity Fair en 2013. Affaire à suivre.
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