Le texte de loi visant à encadrer le prix du livre en Israël, rendu public en mars (voir Livres Hebdo 900 du 9 mars, p.48), a été examiné dimanche 10 juin en commission ministérielle et la proposition de loi a été adoptée à 13 voix contre 3. Elle passera donc devant la Knesset en première lecture dans les jours qui viennent.
Cette accélération du dossier est liée à une prise de position en faveur de la loi de Benyamin Netanyah jeudi dernier, ainsi qu'à la mobilisation de dix écrivains israéliens dont David Grossman, Amos Oz, Meir Shalev et Zeruya Shalev s'opposant à la vente de leurs livres à des prix réduits.
« Nous ne voulons pas participer plus longtemps à l'humiliation de nos oeuvres en particulier, et de la littérature hébraïque en général », ont-ils déclaré dans un texte commun publié mercredi 6 juin à l'occasion la Semaine du livre hébreu à Jérusalem où ils ont interdit à leur éditeur de brader leurs livres pendant cette manifestation. (voir l'article de nos confrères de Bibliobs)
Un marché dynamique en Israël
Avec 35 millions de livres vendus chaque année pour sept millions d'habitants, la situation des auteurs, éditeurs et libraires indépendants est au plus mal. En cause, les deux principales chaînes de libraires, Steimatzky et Tzomet (détenue par le principal groupe d'édition), qui sont en situation de duopole, contrôlant 80 % du marché. Elles pratiquent une guerre des prix qui affecte le secteur.
La proposition de loi, très inspirée de la Loi Lang, prévoit un prix unique du livre, fixé par l'éditeur, inscrit sur l'ouvrage et valable durant les dix-huit mois qui suivent la parution. Trois périodes promotionnelles sont accordées durant les fêtes de Tichri, de Pessah et lors de la Semaine du livre hébreu autorisant 10 % de réduction.
Elle encadre par ailleurs le droit d'auteur proposant une régulation des pourcentages en droits calculés sur la base du prix public : 8 % minimum sur les 6 000 premiers ex. vendus moins 10 % au-delà, moins après les 18 mois de protection du prix du livre et ce pendant 7 ans : 16 % minimum du prix public.
Le modèle français a influencé cette loi et la France, via son ambassade, le CNL et le Bief, exercent un lobbying appuyé, depuis la venue en 2005 de Paul Otchakovsky-Laurens jusqu'à celle d'Antoine Gallimard l'an passé, en qualité de président du SNE, mais aussi les séminaires du Bief en France et en Israël ou le voyage de Jack Lang à Tel-Aviv.

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