Édito par Fabrice Piault, rédacteur en chef

Photo PHOTO OLIVIER DION

Parce que "la page blanche est dénuée d’hystérie", l’écriture est "une douleur" pour Fabrice Luchini. Toujours prompt à assumer ses névroses, l’acteur s’est confié à Livres Hebdo alors que paraît son premier livre. Pour la même raison, la page blanche s’impose aussi comme un outil thérapeutique. Les expériences se multiplient, telle celle menée au service d’hémato-oncologie pédiatrique du centre hospitalier régional universitaire de Besançon. Le Monde en rend compte dans un passionnant article de son édition du 24 février. Il fait ressortir le potentiel de remotivation personnelle de pratiques associant création littéraire et édition, fût-ce de manière artisanale.

Déjà il y a un an, Livres Hebdo avait publié un important dossier, largement relayé, voire imité, sur la "bibliothérapie". Au-delà de la vague des "feel-good books" qui traverse la littérature, le corps médical s’intéresse au livre comme outil de compréhension et de communication avec le patient. Notre enquête rendait compte de l’irruption du "bibliocoaching", tout droit venu du monde anglo-saxon, lui-même passé maître dans le maniement de la "poetry therapy" ou de la "novel cure".

Le phénomène peut faire sourire. Des expériences scientifiques côtoient des initiatives parfois plus farfelues. Mais toutes témoignent d’un mouvement de fond de réappropriation du livre à partir de ses apports spécifiques qui le distinguent d’autres formes d’expression culturelles et artistiques, et d’autres moyens de divertissement ou de formation.

Au début du siècle, sous l’impact de la révolution numérique, on ne donnait plus cher de la peau du livre. Celui-ci suscite un regain d’intérêt aujourd’hui, il retrouve du sens. Dans la "société du babillage" décrite par Umberto Eco, disparu vendredi, quand l’individu se sent toujours plus ballotté et écartelé par de multiples flux d’informations et d’images de toute nature, le livre apaise et redevient à la page.

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