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Royaume-Uni: Visa refusé pour un illustrateur iranien

Ehsan Abdollahi

Royaume-Uni: Visa refusé pour un illustrateur iranien

Invité par son éditeur Tiny Owl au Festival du livre d'Edimbourg, l'illustrateur iranien Ehsan Abdollahi s'est vu refuser l'entrée sur le territoire britannique.

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Par Vincy Thomas,
avec The Bookseller,
Créé le 20.07.2017 à 13h25,
Mis à jour le 20.07.2017 à 14h00

L'éditeur Tiny Owl désespère. Pour la troisième année consécutive, l'un de ses auteurs-illustrateurs ne pourra pas participer au Festival du livre d'Edimbourg (12-18 août). Après Ali Seidabadi en 2015 et Marjan Vafaian en 2016, c'est au tour d'Ehsan Abdollahi de se voir refuser l'entrée sur le territoire britannique.

Spécialisé dans la littérature jeunesse, Tiny Owl a publié deux ouvrages illustrés par l'artiste iranien: When I Coloured in the World et A Bottle of Happiness. Il devait animer des ateliers et divers événements dans le cadre du festival. "Pièges bureaucratiques", "nids de poules kafkaiens": les organisateurs de la manifestation comme l'éditeur continuent de se lamenter année après année devant l'absurdité des situations.

Ehsan Abdollahi et Tiny Owl avaient pourtant tout prévu: les fonds nécessaires pour le déplacement et l'hébergement, les pièces administratives, les relevés de banque. Mais l'administration anglaise n'a pas été satisfaite, arguant que l'auteur n'a pas prouvé avoir des liens suffisamment importants en Iran, sous-entendant qu'il pourrait ne pas vouloir quitter le Royaume-Uni à la fin de son voyage professionnel. Par ailleurs, l'Ambassade britannique, basée aux Emirats Arabes Unis, a exprimé des doutes sur la provenance et la crédibilité de ses revenus. 

Plusieurs autres cas

Dépité, l'illustrateur rappelle que "nous n'avons jamais eu autant besoin d'un dialogue interculturel" qu'aujourd'hui. Son éditeur, Delaram Ghanimifard soutient que nous sommes à une époque où "l'éducation peut jouer un rôle clé pour réduire les péjugés et combattre les stéréotypes".

Robert Sharp, responsable de la communication au PEN national avoue qu'il s'agit d'une "décision inquiétante", entravant la liberté d'expression.

Tiny Owl s'inquiète aussi pour ses perspectives financières. Si les autorités anglaises refusent systématiquement les visas à ses auteurs étrangers, leur visibilité sera moindre et pourrait avoir des conséquences sur la rentabilité de la société. Le petit éditeur ne cache pas que les festivals de livres jouent un rôle essentiel dans la promotion des publications et de leurs auteurs. 

Le Festival d'Edimbourg se plaint d'ailleurs que Ehsan Abdollahi n'est pas le seul cas cette année. D'autres éditeurs et manifestations ont rencontré un problème similaire, notamment Comma Press avec Tala Abu Shawish et Saqi Books, avec Nadia Al-Kiabany. A chaque fois les auteurs, parfois reconnus et même récompensés à l'international, sont originaires de pays comme le Soudan, le Yemen, la Lybie, le Nigeria, l'Iran ou la Palestine.

 

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