Plusieurs écrivains roumains se sont ainsi inquiétés du risque de ne plus pouvoir lire ou citer en public les œuvres de ces derniers ou d'autres grands de la littérature roumaine. "Je ne veux pas être considéré comme suspect ni si je lis Jean-Paul Sartre, ni si j'admire le talent de Cioran", écrit Andrei Plesu, tout en soulignant que lire ces auteurs ne revient pas à "adhérer aux options discutables de leur vie publique".
L'éditorialiste Clarice Dinu du quotidien Gandul redoute pour sa part qu'"organiser des débats sur ces thèmes-là ou même évoquer sur Facebook les personnes incriminées par cette loi" seront désormais passibles de peines de prison. Elle évoque en outre des "policiers d'internet" qui veilleront au respect de ce texte.
Pas de censure ?
"La liberté de s'informer et de s'exprimer n'est pas mise en question. Seuls seront interdits les messages à caractère antisémite et raciste, ou encore le culte des criminels de guerre", explique de son côté à l'AFP Alexandru Florian, directeur de l'Institut d'étude de l'Holocauste, à l'origine de ce texte de loi.
L'historien Adrian Niculescu se félicite pour sa part de l'adoption de cette loi, assurant à l'AFP que "toutes les œuvres citées dans le cadre de ce débat continueront à être publiées mais avec des notes critiques expliquant le contexte dans lequel elles ont été écrites".
Destinée à corriger les lacunes et imprécisions d'un premier décret remontant à 2002, la nouvelle loi évoque notamment la participation de la Roumanie à l'Holocauste, une sombre page de son histoire que Bucarest n'a reconnue qu'en 2004.