Polémique

Prix Renaudot: Marco Koskas surpris par la polémique autour de son livre

Marco Koskas

Prix Renaudot: Marco Koskas surpris par la polémique autour de son livre

Surpris d'être sélectionné au Renaudot, Marco Koskas l'est tout autant par la polémique qu'il suscite en tant qu'auteur autoédité. Il rejette la faute sur les éditeurs qui ont refusé son ouvrage.

Par Vincy Thomas,
avec AFP,
Créé le 13.09.2018 à 17h03,
Mis à jour le 14.09.2018 à 09h32

Le romancier franco-israélien Marco Koskas a dénoncé jeudi le "chantage" des libraires français qui ont protesté contre le fait que son livre, autoédité et diffusé en exclusivité par Amazon, ait été choisi dans les premières sélections du prix Renaudot.
 
Le Syndicat de la librairie française (SLF) s'est insurgé de la présence parmi les 17 romans retenus dans sa première sélection, du livre Bande de Français de Marco Koskas, édité à compte d'auteur via la plateforme CreateSpace du géant américain Amazon.
 
Le jury "rend un bien mauvais service à l'auteur lui-même, aux libraires et donne un signal inquiétant pour l’avenir de la création et de la diffusion du livre", a estimé le SLF.
 
Pour Marco Koskas, "il s'agit d'un chantage et d'un diktat scandaleux".

Joint par téléphone par l'AFP à Tel-Aviv, où il vit depuis plusieurs années et où se déroule son roman. il s'émeut: "Les libraires devraient s'en prendre aux éditeurs qui ont refusé de me publier, et pas à moi", notant qu'ils pouvaient se raviser, Amazon n'ayant pas d'exclusivité sur son livre. Se présentant non pas comme un écrivain israélien, mais comme un "écrivain français vivant à Tel-Aviv" et racontant "l'univers [qu'il] connaît, celui des Français qui y vivent", il a reconnu avoir été surpris par l'annonce de sa nomination.
 
Des éditeurs frileux?

Auteur d'une quinzaine d'ouvrages publiés chez des éditeurs "classiques", l'auteur s'explique le refus des éditeurs par leurs préoccupations devenues uniquement commerciales selon lui, une hostilité grandissante à l'encontre d'Israël, et peut-être une lassitude des éditeurs à son endroit.
 
"La diabolisation d'Israël a pris de plus en plus de place dans le milieu éditorial", estime-t-il, évoquant un "état d'esprit en France qui adopte le narratif arabo-musulman qui condamne systématiquement Israël".
 
Le jury du Renaudot fera connaître sa deuxième sélection le 3 octobre et décernera son prix le 7 novembre.

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