Les éditions Encre de Nuit reviennent au grand jour avec une nouvelle identité éditoriale centrée sur les essais de société et les enjeux contemporains. Et elles annoncent la création d’une collection dédiée au sens des mots.
Créée en 2002 autour du polar américain avant d’être reprise par le groupe Place des Victoires en 2021, la marque était restée en sommeil ces dernières années. Le groupe Place des Victoires, qui publie également les marques éditoriales Sand et Mengès, entend faire d’Encre de Nuit un laboratoire d’idées accessible à un large public. Le catalogue se concentrera désormais autour d’essais courts, à raison de deux à trois nouveautés par an, avec à terme d’autres développements en préparation. Si les romans ne font plus partie des priorités, la maison n'exclut pas non plus d'en publier, tels ceux d'auteurs déjà présents au catalogue comme Yves Bigot ou Karim Guellaty.
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Le lancement de cette nouvelle formule s’appuie sur une collaboration avec la sémiologue Mariette Darrigrand, directrice du cabinet Des Faits et des Signes et chroniqueuse sur La Chaîne parlementaire. Son arrivée a servi de déclencheur à la relance d’Encre de Nuit. « Nous avons vu sa proposition de collection comme l’occasion à saisir pour donner un nouveau souffle à la maison », souligne Isabelle de Tinguy, directrice éditoriale de Place des Victoires.
Le premier titre, Les mots qui font peur, tiré à 3 000 exemplaires, inaugure une ligne éditoriale mêlant décryptage médiatique et réflexion culturelle. Il sera suivi d’un deuxième titre, également rédigé par Mariette Darrigrand, intitulé Les mots de l’amour. La collection vise un lectorat large, loin du registre universitaire, avec des textes conçus sous forme de notices courtes et de chroniques. « Le contenu se grignote plutôt qu’il se lit d’une traite », résume Mariette Darrigrand.
Pour Place des Victoires, cette relance intervient dans un contexte de marché plus tendu. Après « deux bonnes années », l’éditeur dit ressentir « un vrai repli depuis le début de l’année ». Le groupe, dont le dernier chiffre d’affaires consolidé s’élève à 4,36 millions d’euros (3,94 millions d’euros pour Tchou/Mengès/Place des Victoires et 420 000 euros pour Sand), continue toutefois de s’appuyer sur les fonds de Tchou et Mengès, ainsi que sur des succès comme la collection de beaux livres « La grâce d’une cathédrale ». Encre de Nuit doit désormais permettre à Place des Victoires de renforcer sa présence sur les questions sociétales et médiatiques, avec une ligne éditoriale « réactive et incarnée ».
« Un guide de survie médiatique »
