Pas de sépulture à Paris pour l’académicien Michel Déon | Livres Hebdo

Par Léopoldine Leblanc, avec AFP, le 13.02.2018 à 15h42 (mis à jour le 13.02.2018 à 16h00) Disparition

Pas de sépulture à Paris pour l’académicien Michel Déon

Michel Déon - Photo OLIVIER DION

La mairie de Paris a refusé lundi 12 février, à la demande des proches de l’écrivain décédé à Galway, en Irlande, le 28 décembre 2016 à 97 ans, que les cendres de ce dernier reposent dans un cimetière parisien.
 

Michel Déon ne reposera pas à Paris. La mairie de Paris a refusé, lundi 12 février, la demande de ses proches et de l’Académie française pour que les cendres de l’écrivain décédé à Galway en Irlande le 28 décembre 2016 disposent d’une sépulture à Paris.
 
Dans une série de tweets, Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris en charge des affaires funéraires, s’appuie sur le Code général des collectivités territoriales: "Nous avons examiné cette demande de la même manière que nous examinons celles des autres familles", a-t-elle précisé, ajoutant: "Devant la mort, cette même égalité en droits s’applique, que l’on soit une personnalité publique ou non, que l’on soit membre de l’Académie française ou non".
 
L’adjointe rappelle que l’acquisition d’une sépulture par la famille dans la commune n’est autorisée que dans quatre situations: il faut "que la personne soit décédée sur le territoire de la commune, quel que soit son domicile" ; "que la personne soit domiciliée sur le territoire de la commune, bien qu’elle soit décédée dans une autre commune" ; "que la personne ait une sépulture de famille dans la commune, bien qu’elle n’y résidât pas et qu’elle n’y soit pas décédée" ou "que la personne soit inscrite sur la liste électorale de la commune, bien qu’elle n'y résidât pas et n’y ait pas de sépulture de famille".
 
Michel Déon, "mémoire et conscience" de l’Académie

De son vrai nom Edouard Michel, Michel Déon faisait partie du courant littéraire dit des Hussards. Grand amateur de voyages, il a partagé sa vie entre la France, la Grèce et l’Irlande, où il résidait une partie de l’année.

Ecrivain, journaliste et conseiller littéraire, notamment pour Plon, il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages dont les romans Le balcon de Spetsai (Gallimard, 1961, lauréat du prix Kauffmann), Les poneys sauvages (Gallimard, 1970, lauréat du prix Interallié) ou encore du récent recueil de nouvelles, A la légère (Gallimard), paru en 2013.
 
C'est une grande perte pour l’Académie. Il en était la mémoire et la conscience. Hélène Carrère d’Encausse


En 1973, l’écrivain avait remporté le Grand Prix du roman de l’Académie française pour Un taxi mauve (Gallimard). Le roman sera adapté au cinéma en 1977 par Yves Boisset avec Charlotte Rampling, Philippe Noiret et Fred Astaire, et l’écrivain élu un an plus tard au fauteuil de Jean Rostand de l’Académie française. "C'est une grande perte pour l’Académie. Il en était la mémoire et la conscience", a déclaré à l’AFP la secrétaire perpétuelle de l’Académie française Hélène Carrère d’Encausse.
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