Bibliothèque

La Ville de Paris renomme la bibliothèque située rue Chaptal, à côté du musée de la vie romantique dans le 9e arrondissement, Bibliothèque Louise Walser Gaillard. Il s'agit d'une figure emblématique de la langue des signes et de l’histoire sourde et de la première dénomination en France d’un établissement public dédiée à une personnalité malentendante. La bibliothèque se situe à proximité de l'IVT - International Visual Theatre - codirigé par Emmanuelle Laborit et Jennifer Lesage-David, et laboratoire de recherches artistiques, linguistiques et pédagogiques sur la langue des signes, les arts visuels et corporels et une école d’apprentissage de la langue des signes

Située en fond de cour dans un ancien hôtel particulier construit à la fin des années 1880, la bibliothèque fait partie des 5 pôles sourds du réseau parisien. Familiale à dominante jeunesse, elle propose un accueil en Langue des Signes Française, des œuvres et revues sur le monde des sourds et au sein de sa programmation, des activités culturelles, spectacles et animations autour de la culture sourde, notamment des heures du conte bilingues LSF/Français oral chaque mois. La proximité de l’IVT favorise les collaborations entre les deux établissements voisins.

Une figure du handicap

Militante sourde, poétesse de la Belle époque, Louise Walser Gaillard est plus connue sous le surnom de "Jeanne d’Arc des sourds-muets" pour sa défense de l’enseignement de la langue des signes. Née le 14 juin 1879 à Paris, elle perd l’audition à l’âge de 8 ans alors qu’elle dispose déjà d’une bonne connaissance du français écrit et oral. En 1892, elle doit partir à Bordeaux, pour étudier à l’institution nationale des sourdes-muettes. L’objectif est ainsi de faire démutiser les sourds-muets. L’enseignement en langue des signes n’est plus accepté depuis 1879 mais Louise Walser Gaillard le découvre clandestinement grâce à ses camarades et s’emploie à faciliter la compréhension des élèves en suppléant ses professeurs.
 
Au cours de sa carrière, Louise Walser Gaillard s’est illustrée par des poèmes en français ou en langue des signes publiés dans diverses revues de la communauté sourde, et par de nombreuses interventions publiques.

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