Multiples hommages pour Yves Bonnefoy | Livres Hebdo

Par Pierre Georges, le 04.07.2016 à 16h47 (mis à jour le 05.07.2016 à 11h46) Disparition

Multiples hommages pour Yves Bonnefoy

Yves Bonnefoy. - Photo DR/MERCURE DE FRANCE

Sur les réseaux et par communiqués, on s'attriste de la mort du poète, traducteur et professeur au Collège de France, décédé vendredi 1er juillet à l'âge de 93 ans. 

Yves Bonnefoy, plus grand nom de la poésie contemporaine, également critique d'art et traducteur, est mort à l'âge de 93 ans, a confirmé samedi 2 juillet le Collège de France, où il était professeur honoraire. Depuis l'annonce de sa mort, dans la nuit du vendredi 1er au samedi 2 juillet, les hommages pleuvent par communiqués ou sur les réseaux sociaux, qui se sont empressés de relayer poèmes et bons mots du poète lauréat du prix Franz Kafka en 2007. 

Nombre de personnalités ou d'admirateurs dans le monde entier ont ainsi salué sa mémoire, en citant ses vers sur les réseaux sociaux.
 
François Hollande a rendu hommage samedi à l'"un des plus grands poètes du XXe siècle" décédé à 93 ans, un "artiste total", un "rêveur du réel", dans un communiqué. "Immense poète, critique d’art, traducteur, professeur au Collège de France, Yves Bonnefoy était un artiste de la parole, un magicien des mots, un rêveur du réel", selon le président de la République. Avec sa centaine de livres, il a "porté notre langue à son plus haut degré d’exigence et de beauté", a-t-il aussi souligné. "Artiste total, curieux du monde et de tous les arts, généreux de son temps et de ses talents, Yves Bonnefoy a aussi écrit des textes magnifiques sur l’histoire de la peinture, traduit en français les poésies de Shakespeare, Yeats ou Pétrarque, enseigné partout dans le monde et dirigé une collection de livres faisant dialoguer arts et idées", selon le communiqué transmis par l'Elysée.

La Bibliothèque nationale de France (BNF) rend également hommage au poète, critique et traducteur qu’était Yves Bonnefoy. Pour Laurence Engel, présidente de la BNF, "il était non seulement un poète, mais un lecteur, un interprète, parmi les plus subtils. Il était celui qui "dit" le poème, le sien et celui de ses poètes – Shakespeare, Rimbaud, Baudelaire. C’est cette mémoire que la BNF entretient et se devait de restituer aujourd’hui". La BNF lui rend hommage en rediffusant sur son site ces conférences qui ont fait date.
 
"Le monde littéraire vient de perdre l'un de ses plus grands poètes", a réagi Audrey Azoulay, ministre de la Culture, qui avait "eu le bonheur de le saluer lors du Printemps des poètes, il y a quelques semaines encore". "L'œuvre d'Yves Bonnefoy entretenait un rapport aigu entre poésie et réflexion", a-t-elle souligné. "Il y avait chez Bonnefoy absence de toute nostalgie. A la fin, Bonnefoy écrivit: “Il faut, autrement dit, réinventer un espoir”", a ajouté la ministre.
 
"Le chant délicat de la poésie d'Yves Bonnefoy nous accompagnera toujours car “le blé qui va lever ici sera le pain de nouveaux échanges”", a écrit sur Twitter l'ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti.

"Yves Bonnefoy, c'est à la fois l'un des très grands poètes de la fin du surréalisme français, qui a constamment travaillé sur le langage, qui a minéralisé progressivement sa poésie. Et en même temps, ça a été un regard unique sur la littérature et la peinture occidentales", a déclaré pour sa part à l'AFP le ministre de l’Economie Emmanuel Macron, dont c'est "vraiment l'un des poètes préférés". "C'est rare d'avoir dans les plis d'une vie, autant d'esprit de créativité et d'intelligence. On a beaucoup perdu", a-t-il ajouté.
 
D'autres réactions ont parsemée Twitter, notamment en citant le poète. "“…Et nos pas allaient nus dans l'herbe sans mémoire, nous étions l'illusion qu'on nomme souvenir”. C'était - c'est - Yves Bonnefoy, poète", a tweeté l'ancien président du Festival de Cannes Gilles Jacob.
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